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Le Québec n’est pas sorti du bois de la COVID-19

Le Québec n’est pas sorti du bois de la COVID-19
Photo d'archives Simon Clark

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La pandémie n’est pas finie. Chaque jour compte et il faut faire le compte chaque jour.

Tôt hier, j’écrivais dans ma chronique que les États-Unis sont loin d’avoir aplati la courbe et que le Québec ne doit surtout pas imiter l’attitude désinvolte de l’administration Trump qui agit comme si la crise était chose du passé. Ce matin, j’apprends que le gouvernement Legault s’en va précisément dans cette direction en annonçant — en catimini, pendant la fête nationale — son intention de ne plus publier quotidiennement les statistiques pertinentes sur la pandémie pour le Québec.

L’exemple à ne pas suivre

C’est une erreur. Si on suit quotidiennement les faits et gestes de l’administration Trump, une chose est claire: le président ne veut plus parler de la crise du coronavirus. Pour lui, c’est une chose classée et, peu importe les statistiques, il répétera sur tous les toits que son administration a fait un boulot incroyable, «tremendous success», comme il dit. C’est de la bouillie pour les chats. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. On n’a qu’à voir la comparaison du décompte des cas entre l’Union européenne et les États-Unis. 

Évolution de la COVID-19 aux États-Unis et dans l’Union européenne

Source: Felix Richter, «The State of the Unions», Statista, 25 juin 2020.

Parlant d’être sorti du bois, il y a un vieux dicton qui dit que si un arbre tombe dans la forêt et que personne n’est là pour le voir, il n’est jamais tombé. Par la même logique, si on arrête de parler d’une crise, c’est comme si la crise disparaissait. En étirant la chose un peu, si on voit moins la crise, elle devient moins urgente.

L’urgence et la vigilance

Au Québec, la COVID-19 est encore une crise urgente qui mérite une vigilance permanente, y compris un décompte quotidien des cas, des hospitalisations et des décès. En réduisant cette vigilance à un rapport hebdomadaire, le gouvernement du Québec envoie le message que la vigilance peut être réduite et il fait précisément ce que tous les gouvernements du monde aux prises avec cette pandémie devraient éviter de faire, c’est-à-dire imiter l’attitude cavalière de l’administration Trump.

Je ne suis pas en train de faire un procès d’intention en disant que le premier ministre Legault a les mêmes visées étroitement partisanes que son vis-à-vis américain en allant dans cette direction. Même s’il a les meilleures intentions du monde, ce n’en est pas moins une erreur.

Ce n’est pas fini

Le gouvernement Legault allègue qu’un bilan quotidien fait perdre la perspective. Justement, il ne faut pas prendre de la perspective. Il faut que cette crise nous colle au nez chaque jour pour ne pas en oublier la gravité et l’ampleur. Comme on le voit aujourd’hui dans tous ces «États rouges» qui accordent crédit à l’attitude désinvolte de leur président face à ce virus, ce dernier répétant depuis le début qu’il n’est pas pire qu’une mauvaise grippe et qu’il est sur le point de disparaître, on ne peut surtout pas faire comme si la pandémie était finie. 

Ce n’est pas fini. Chaque jour compte et il faut faire le compte chaque jour.

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