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Piste d’atterrissage privée controversée: la Ville de Québec a finalement abdiqué

Un projet de piste privée controversée verra le jour

Piste d’atterrissage privée controversée: la Ville de Québec a finalement abdiqué
Photo courtoisie

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Farouchement opposée, l’an dernier, à un projet de piste d’atterrissage privée dans le rang Sainte-Anne à 2 km de l’aéroport Jean-Lesage, la Ville de Québec renonce finalement à entreprendre des recours judiciaires, a appris Le Journal.

L’administration Labeaume avait pourtant fait savoir qu’elle entendait prendre «tous les moyens» pour empêcher l’aménagement de cette piste controversée, sur une terre agricole qui appartient au pilote amateur Dave Picard, après que Transports Canada lui ait donné le feu vert pour réaliser son projet.

Le pilote amateur Dave Picard a l’intention d’aménager une piste d’atterrissage gazonnée d’une longueur de 2000 pieds sur sa terre agricole du rang Sainte-Anne, et un hangar pour ses besoins personnels et ceux de ses amis aviateurs.
Photo courtoisie, Dave Picard
Le pilote amateur Dave Picard a l’intention d’aménager une piste d’atterrissage gazonnée d’une longueur de 2000 pieds sur sa terre agricole du rang Sainte-Anne, et un hangar pour ses besoins personnels et ceux de ses amis aviateurs.

Cela laissait sous-entendre qu’une action judiciaire serait entreprise pour tenter de bloquer le projet. Mais après avoir étudié le dossier, elle s’est de toute évidence ravisée et a décidé de ne pas investir du temps et de l’argent dans une bataille que l’on croit perdue d’avance.

La jurisprudence est claire en ce qui concerne l’exploitation des aérodromes privés. L’aviation, dans tout le pays, relève de la compétence exclusive du fédéral, a déjà tranché la Cour suprême. Plusieurs municipalités, comme la Ville de Lévis, ont tenté, en vain, de contester la Loi sur l’aéronautique qui a préséance sur toutes les lois provinciales et les règlements municipaux.

Piste d’atterrissage privée controversée: la Ville de Québec a finalement abdiqué
Photo courtoisie

«Bien que la Ville ne soit pas en faveur du projet, elle ne s’y opposera pas puisque le secteur de l’aéronautique relève de la juridiction fédérale et que Transports Canada ne s’est pas non plus opposé au projet. Le promoteur a été informé de notre position», a confirmé au Journal par courriel la porte-parole de la Ville de Québec, Rose-Marie Ayotte.

Pas d’avions avant 2021

Lentement mais sûrement, Dave Picard fait avancer son projet. En début de semaine, l’électricité a été coupée dans le secteur afin de permettre le déplacement d’une ligne d’Hydro-Québec qui pouvait représenter un danger potentiel pour son Cessna 150 ou tout autre monomoteur qui obtiendrait la permission d’utiliser sa future piste gazonnée. 

«Il n’y aura pas d’activité d’aérodrome cette année. Je suis au début du processus. Il n’y a rien qui va être en opération. Je dois d’abord arranger mon champ, remettre la terre d’aplomb et semer. Ça ne sera pas prêt avant le milieu de l’été l'an prochain», a indiqué M. Picard, tentant d’apaiser les craintes de ses voisins inquiets.

Lucie Forcier, qui demeure tout près, juge la situation aberrante. Malgré l’opposition de la Ville de Québec, de la Ville de L’Ancienne-Lorette, de l’Union des producteurs agricoles, de plusieurs partis politiques et citoyens du voisinage, «rien ne peut être fait», se désole-t-elle, résignée. 

«Je trouve ça injuste. Je ne peux pas construire une maison pour ma fille sur ma terre en bordure de rue mais on peut, si le fédéral le permet, faire une piste d’atterrissage sur une terre agricole», déplore-t-elle. Mme Forcier dit avoir également dénoncé la situation à la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) qui lui a répondu qu’elle avait elle également les mains liées dans ce dossier.

Lehouillier revient à la charge

Lundi soir à Lévis, le maire Gilles Lehouillier, qui s’oppose aux activités de parachutisme à Pintendre, était revenu à la charge dans le dossier de la compétence des aérodromes en invitant les partis fédéraux à se mouiller sur cet enjeu. 

«Lors de la dernière campagne électorale fédérale, on avait fait un point de presse pour demander aux candidats de se positionner. Ils ont tous dit qu’ils allaient poser des gestes alors on veut leur rappeler que c’est le temps de poser des actions. En ce qui nous concerne, on est allés à la limite de ce qu’on pouvait faire dans ce dossier-là», a-t-il exprimé.

Le maire Lehouillier réclame des consultations publiques sur cet enjeu et des changements législatifs.