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Remanier, c’est décevoir

remaniement ministeriel
Photo Simon Clark Le rôle de ministre est toujours un privilège temporaire qui apporte de grandes joies, mais également son lot de défis.

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J’ai eu la chance de vivre les coulisses de la préparation et de l’exécution des remaniements ministériels. Que l’on soit du côté de ceux qui conseillent le premier ministre ou de ceux qui attendent les résultats, ce processus mène à l’insécurité et souvent à la déception chez les élus.

Les variables à considérer sont nombreuses : la performance du ministre, les orientations politiques, la représentativité régionale, la proportion femme-homme, la réaction du caucus des députés, les compétences, les médias, etc.

C’est une arme à double tranchant qui peut créer des déchirures irréparables sur le plan humain. Elle est utilisée lorsqu’il y a un problème à régler.

Pourquoi un remaniement ?

La pandémie a permis d’établir un lien direct et quotidien entre l’équipe du premier ministre et le ministère de la Santé et des Services sociaux. Cette relation lui aura vite permis de constater que, bien que sa ministre semblait être appréciée du réseau, elle n’avait peut-être pas la poigne nécessaire pour poursuivre les changements dont il a besoin en ce moment.

Déplacer la ministre Danielle McCann et son sous-ministre, au même moment, démontre qu’au-delà de l’héritage des anciens gouvernements, des erreurs récentes ont été commises.

Ce changement permettra d’éviter de placer, à la merci des partis d’opposition, deux acteurs de la gestion de la première vague de la pandémie lors de l’étude des crédits qui se tiendra au cours des prochains mois.

Cet exercice annuel, qui vise à questionner le gouvernement sur les dépenses et les actions mises en place, mettra une pression supplémentaire sur les épaules du Dr Arruda.

Cette décision va au-delà du « deuxième souffle », car il arrive souvent qu’un ministre reste en place malgré des difficultés. Pensons à la ministre des Aînés, Marguerite Blais, ou au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Le soldat McCann

Un des rôles les plus ingrats pour tout premier ministre est d’annoncer à un ministre qu’il perd les fonctions qui constituent la raison de son engagement politique. La réaction de la ministre McCann lors du point de presse était assez évocatrice du malaise qui l’habite.

Le doigté et la diplomatie doivent faire partie des éléments incontournables à considérer pour tout dirigeant. Cette discussion difficile a dû faire l’objet d’une préparation minutieuse, car la suite de la relation entre le chef et son soldat en dépendait.

La vie continue

On jugera les effets de ces changements dans le temps. Les attentes quant au niveau de préparation du gouvernement pour faire face à une deuxième vague seront plus élevées qu’elles ne l’étaient en mars dernier.

La politique, à l’image des sondages, change constamment. Ce qui est certain aujourd’hui ne le sera peut-être plus dans quelques mois.

C’est pourquoi, dans la vie comme en politique, il ne faut jamais mettre la clé de son bonheur entre les mains d’une autre personne que soi-même.