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Ruée «sans précédent» vers les fines herbes et les plantes

Les producteurs triment dur pour garnir les kiosques des commerçants qui se vident à un rythme jamais vu.

La gérante du Kiosque Mont-Royal, Aurélie Leroy, pouvait vendre tous ses plants de fines herbes deux heures seulement après les avoir reçus.
PHOTO Samuel Boulay-Grimard La gérante du Kiosque Mont-Royal, Aurélie Leroy, pouvait vendre tous ses plants de fines herbes deux heures seulement après les avoir reçus.

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Des étagères quasiment vides, des plants vendus alors qu’ils sont à peine germés, des paniers de 300$: les commerçants et les producteurs de fines herbes et de plantes connaissent, en pleine pandémie, une année record pour les ventes.

«Beaucoup de producteurs de la province ont doublé leurs ventes comparativement à la même période l’an dernier», explique la directrice adjointe de Québec Vert, Nathalie Deschênes, un organisme qui représente 8000 entreprises du secteur horticole.

La gérante du Kiosque Mont-Royal, Aurélie Leroy, pouvait vendre tous ses plants de fines herbes deux heures seulement après les avoir reçus.
PHOTO Samuel Boulay-Grimard

Le fait que les gens ne peuvent pas voyager à l’extérieur, la volonté des parents de faire des activités avec leurs enfants en temps de confinement, l’insécurité alimentaire vécue par la population et la belle température des dernières semaines expliqueraient cette saison sans précédent pour ce secteur, selon Mme Deschênes.

«Comme une usine»

Le producteur de légumes et de fines herbes Sofiane Hamouche a vécu pleinement cet afflux record, travaillant souvent de 4h à 23h. «On n’était pas capable de satisfaire à la demande, lance-t-il. On a décidé de couper un peu les quantités qu’on vendait à chaque client pour s’assurer qu’on puisse en fournir un minimum à tout le monde.»

La gérante du Kiosque Mont-Royal, Aurélie Leroy, pouvait vendre tous ses plants de fines herbes deux heures seulement après les avoir reçus.
PHOTO Samuel Boulay-Grimard

Normalement, M. Hamouche garde ses plants au moins une semaine ou deux pour les faire germer. «Mais il y avait tellement de demandes cette année. On était rendu comme une usine, ajoute-t-il. On plantait nos produits dans des pots, on gardait ça une journée et le lendemain, c’était vendu.»

Il est tout de même très satisfait de la saison, lui qui envisageait de devoir ralentir sa production avec les mesures sanitaires liées à la pandémie.

Kiosque presque vide

«Cette saison est loin devant nos meilleures années de vente», se réjouit également la gérante du Kiosque Mont-Royal, Aurélie Leroy.

C’est la première fois en 10 ans qu’elle vend des fines herbes et des plantes à peine germées à des clients. «On a eu des journées où le kiosque était presque vide, indique-t-elle. Alors que normalement, on a toujours une grande variété de produits.»

Depuis le début mai, à l’ouverture du kiosque, l’entreprise a vendu environ 9000 plants de fines herbes et 13 000 plantes annuelles, des chiffres deux fois plus élevés qu’à l’habitude.

La gérante du Kiosque Mont-Royal, Aurélie Leroy, pouvait vendre tous ses plants de fines herbes deux heures seulement après les avoir reçus.
PHOTO Samuel Boulay-Grimard

Les clients du kiosque achètent souvent en grande quantité pour éviter de revenir plusieurs fois. Les factures de certains consommateurs ont même grimpé jusqu’à 300$, explique Aurélie Leroy.

«C’est vraiment une conséquence de la pandémie, mentionne Mme Leroy. Les gens achètent un peu de tout ce qu’ils trouvent. Ils ne reviennent pas deux jours plus tard pour un simple pot de menthe par exemple.»

Pour l’instant, les producteurs ont réussi à tenir le coup pendant la saison forte, qui s’étend généralement jusqu’au 24 juin. Les kiosques et les centres jardiniers ne devraient donc pas manquer de produits.

«La question qu’on se pose actuellement, c’est si l’engouement va demeurer le même après le 24 juin parce que le rythme s’est maintenu depuis mai», indique Nathalie Deschênes de Québec Vert.