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Trente ans après, Liverpool monte à nouveau sur le trône

Trente ans après, Liverpool monte à nouveau sur le trône
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L’attente aura été longue, trente ans dont trois mois à se demander si le coronavirus n’allait pas tout gâcher, mais le Liverpool de Jürgen Klopp règne à nouveau sur le football anglais, après la défaite (2-1) jeudi de Manchester City à Chelsea. 

Les Reds avaient fait leur part du travail mercredi, avec brio et dans le huis clos d’Anfield, en écrasant Crystal Palace (4-0).

Trente ans après, Liverpool monte à nouveau sur le trône
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Avec 86 points et 23 unités d’avance sur les hommes de Pep Guardiola, à sept journées de la fin, la bande de Klopp peut enfin respirer.

Le Manchester City-Liverpool dans une semaine à l’Etihad Stadium, pour la 32e journée, aura des airs de passation de témoin entre deux équipes qui écrasent le championnat depuis deux ans.

On pourra toujours regretter que les Reds soient sacrés sans jouer, sans public et sans réelle perspective de partager leur bonheur avec les supporters. Mais "honnêtement, je m’en fous", avait répondu par anticipation Klopp lorsqu’on lui avait demandé si cela atténuerait sa joie.

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Cet épilogue prévu de longue date efface trois décennies de frustration, rythmées par des désillusions en 2009, 2014 ou même l’an dernier, quand 97 points n’avaient pas suffi face à des Citizens qui en avaient pris un de plus.

Dès la fin de l’hiver, la question n’était plus si, mais quand le Liverpool de 2020 rejoindrait celui de 1990, le dernier champion.

À l’époque, la Premier League n’avait d’ailleurs pas encore été lancée et le championnat anglais n’était pas cette compétition à la puissance financière colossale suivie partout dans le monde.

Champion le plus précoce

L’apparition du nouveau coronavirus et la pandémie de Covid-19 qu’il provoque ont bien failli faire dérailler le retour de Liverpool au sommet en interrompant brusquement les compétitions en mars.

Mais à force de volonté et de compromis, parfois sous la menace de pertes financières gigantesques, le football a repris ses droits pour arriver à un verdict sportif qui n’est que justice.

Cette année, les Reds ont écrasé la Premier League avec une soif de victoires inextinguible qui leur a permis de souvent faire sauter les verrous les plus coriaces dans les toutes dernières minutes.

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Malgré pléthore de vedettes — Virgil van Dijk, Trent Alexander-Arnold, ou le trio Salah-Firmino-Mané, pour ne citer qu’eux —, c’est leur force collective qui a impressionné.

Plusieurs records tombés en chemin témoignent de cette domination sans partage.

Liverpool est, après 31 journées, le champion le plus précoce de l’histoire, puisqu’il en avait fallu 33 à Manchester United en 2001 et à City en 2018.

Ce record s’explique par un départ en boulet de canon : les Reds ont pris 61 points sur 63 possibles lors des 21 premières journées, du jamais vu dans les cinq grands championnats.

Avec 23 victoires consécutives à domicile (série en cours), ils ont aussi effacé les Reds du mythique Bill Shankly (21) des tablettes.

Ils ont compté à un moment 25 points d’avance sur City, le plus grand écart jamais constaté entre un leader et son dauphin.

Ombres au tableau

Et ce n’est pas fini !

Ils peuvent encore faire mieux que les 100 points atteints par City en 2017-2018 et leur avance finale de 19 points sur le deuxième, à l’époque Manchester United.

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Terminer la saison avec 19 victoires en 19 matches à Anfield ne paraît pas non plus impossible, même si, après les visites du relégable Aston Villa et de l’équipe de milieu de tableau Burnley, il faudrait prendre le meilleur sur Chelsea qui jouera peut-être sa place en Ligue des champions, lors de la 37e journée.

Cette saison, qui a aussi vu les Reds remporter leur premier Mondial des clubs au Qatar en décembre, aura indéniablement une belle place dans leur très riche histoire.

Quelques ombres demeurent au tableau, toutefois.

L’élimination dès les huitièmes de finale en Ligue des champions, face à l’Atlético Madrid (1-0, 3-2 après prolongation), alors qu’ils étaient tenants du titre, a été une grande désillusion.

À un degré moindre, les parcours en coupes nationales interrompus en huitième pour la Coupe d’Angleterre et en quart pour la Coupe de la Ligue, même si les Reds alignaient leur équipe réserve (l’équipe première était au Qatar), restent décevants.

À titre de comparaison, City avait réussi un triplé national inédit l’an dernier, même si les Sky Blues courent encore après leur premier sacre continental.

Mais pour l’éternel insatisfait qu’est Jürgen Klopp, nul doute que ces petites réserves seront autant de sources de motivation pour essayer de porter les Reds encore plus haut l’an prochain.