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Un sentiment doux-amer chez les tenanciers de bars

La nouvelle phase de déconfinement leur permet de rouvrir, mais sans piste de danse

Un sentiment doux-amer chez les tenanciers de bars
Photo Stevens LeBlanc

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La réouverture des bars laisse un goût amer aux propriétaires de bars. Certains établissements à Québec vont demeurer fermés en raison de la distanciation de 2 mètres «qui tue l’essence même d’un bar», selon des propriétaires.

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Martin Walsh, propriétaire de la Brasserie la Faucheuse sur la rue St-Jean, n’ouvrira pas ses portes pour l’instant. 

Il décrit son établissement comme axé sur le «nightlife» et l’ambiance de fête, ce qui est totalement contraire au principe de distanciation selon lui.

«On ouvre à 19h et notre plus fort est entre minuit et 3h. L’action se passe autour du bar. Ça dénature complètement ce qu’on est et on n’est pas encore désespéré au point de changer notre nature», affirme l’entrepreneur.

Faire la loi

Ce dernier préfère donc rester fermé plutôt que d'avoir «à se battre» avec sa clientèle.

«Si on ouvre, je dois engager quelqu’un à temps plein pour faire la police aux toilettes et partout. Ce n’est pas rentable et je ne veux pas commencer à faire de la répression dans un endroit qui doit être festif», lance Martin Walsh, bien décidé à attendre qu’on relâche les règles.

Le Midnight Blue, une discothèque située dans le sous-sol du Phoenix dans Saint-Roch, demeurera fermé lui aussi encore quelque temps.

«Les conditions sont complètement ridicules. On ne peut pas faire la loi et empêcher les gens de s’amuser en leur disant de rester assis et de ne pas danser», déplore le propriétaire de l’établissement, Alain Tremblay.

Il faut rêver en couleurs pour espérer que les gens respectent les mesures de distanciation dans un établissement du genre, croit-il.

«[Le gouvernement] nous donne de l’espoir, on est content de la nouvelle. Mais au final, on ne peut pas recevoir de clients. C’est ridicule.»

Ouvert, mais...

De son côté, le propriétaire du Bar Lionel, sur l’avenue Chauveau, ouvrira ses portes lundi, mais analysera la situation de près.

«Il y a une chose de sûre, c’est que je ne ferai pas une cenne avec ça», confie Guy Baillargeon, qui doit réduire sa capacité de 100 à 32 places pour respecter le deux mètres.

«Va falloir se battre avec le monde pour que ça respecte la distance. Et le pire, c’est que c’est nous qui sommes entièrement responsables. Donc, si je vois que ça ne marche pas, je vais refermer», soutient le tenancier qui a vécu une journée douce-amère. 

«On est content d’enfin pouvoir ouvrir, mais l’ambiance, oubliez ça, c’est fini pour un bout», déplore-t-il.

«On va couler»

Au cabaret club Le Drague, on se réjouit de la nouvelle, mais on ne se fait pas d’illusion.

«Si le gouvernement maintient cette [façon de faire] à moyen terme, pour nous, c’est comme s’enlever une jambe et un bras. On peut essayer de se démener comme on veut dans l’eau, mais tôt ou tard, on va couler», image le propriétaire Jean-Philippe Blondeau, qui croit être incapable de passer à travers la période des fêtes si rien ne change.

Même si deux zones supplémentaires de l’établissement seront ouvertes aujourd’hui, il n’y aura que 150 places assises, ce qui est bien loin de compenser les 800 à 1000 clients habituels du vendredi soir.