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Avec pas de drapeau

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Pis, avez-vous aimé le spectacle En direct de l’Univers du solstice d’été ? Ou était-ce le party de diversité de Québec solidaire ?

Quoi, je me trompe ? Vous me dites que l’émission présentée mardi soir sur nos grands réseaux était la grande célébration de la Saint-Jean ? Que c’était la culmination des célébrations de la fête nationale, ce moment de l’année où on souligne notre fierté d’être qui on est, tous unis sous le même drapeau ? 

Mais alors, pourquoi n’y avait-il pas de drapeau à ce rassemblement sous les drapeaux ? Êtes-vous en train de me dire que dans cette province dont la devise est « Je me souviens », on avait... oublié les drapeaux ?

IL EST OÙ LE DRAPEAU, IL EST OÙ ?

Sérieusement, je ne décolère pas depuis mardi. Même si le spectacle du 23 juin en direct de Trois-Rivières était splendide, émouvant, c’est quand même le comble de l’absurde de célébrer notre fête nationale sans les symboles nationaux. 

C’est comme un défilé du père Noël sans le gros bonhomme rouge. Ou un défilé de la fierté gaie sans drapeau arc-en-ciel.

Il a fallu des heures et des heures de planification de préparation, de répétition pour ce spectacle grandiose. À aucun moment, Martine Desjardins, à la tête du Mouvement national des Québécoises et Québécois, n’a remarqué qu’il n’y avait pas de drapeau ?

Le réalisateur, directeur artistique et metteur en scène Jean-François Blais n’a pas remarqué qu’il n’y avait pas de drapeau ?

Pierre Lapointe et Ariane Moffatt n’ont pas remarqué qu’il n’y avait pas de drapeau ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Le producteur Sylvain Parent-Bédard de Québec n’a pas remarqué qu’il n’y avait pas de drapeau du Québec à la fête nationale du Québec ?

 Pensez-vous deux secondes que les Américains oublieront leur drapeau étoilé le 4 juillet, ou que les Français oublieront leur étendard bleu, blanc, rouge le 14 ?

Ah vraiment, les fédéralistes convaincus doivent rire dans leur barbe : « Regardez ces Québécois, non seulement ils s’autoflagellent à longueur d’année mais en plus, le jour de leur fête, ils ne sont même pas foutus de hisser leur drapeau bien haut pour dire leur fierté ».

Vous vous souvenez en 1989 quand des Ontariens de Brockville avaient piétiné le drapeau québécois pour protester contre le fait qu’on était une société distincte ?

On n’a même plus à craindre que d’autres nous piétinent, on s’efface nous-mêmes !

J’aurais aimé que les Cowboys fringants soient là, mardi soir, sur scène. Ils auraient pu chanter une de mes chansons préférées avec ces paroles prophétiques : « Chu né dans les années soixante-dix, dans un Québec en plein changement / Où l’emblème de la fleur de lys donnait un peu d’espoir aux gens (...) Mais quand je r’garde ça aujourd’hui, chu donc pas fier de ma patrie (...) Si c’est ça l’Québec moderne, ben moi j’mets mon drapeau en berne ».

DES ARTISTES DÉCONNECTÉS

Un mot en terminant sur Émile Bilodeau, qui s’est pointé à la fête nationale avec un macaron anti loi 21. Monsieur Bilodeau a le droit de penser ce qu’il veut de la loi 21, une loi adoptée démocratiquement, par un gouvernement majoritaire, et appuyée par 70 % de la population. Mais je me demande : quel artiste se serait présenté en 1977 à la fête nationale en arborant un macaron anti loi 101 ?