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De l’espoir pour le maintien de la clinique médicale

Medical consultation at clinic
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Un comité espère avoir trouvé des solutions pour maintenir les activités à la clinique médicale de Saint-Marc-des-Carrières, menacées par le départ à la retraite des trois médecins qui servent la majorité de la clientèle. 

La situation est devenue critique au Centre médical des Carrières, à Saint-Marc-des-Carrières, l’unique clinique servant les 13 000 résidents de l’ouest de Portneuf.

Un médecin déjà à la retraite a accepté de revenir à temps partiel. Une autre prolonge son service, même si elle a pris sa retraite ce mois-ci. Un troisième a aussi annoncé sa retraite pour bientôt.

Un peu plus au nord, à Saint-Ubalde, le médecin du CLSC de l’endroit, qui compte maintenant sur l’aide d’une IPS (infirmière praticienne spécialisée), devait lui aussi prendre sa retraite.

La clinique compte sur un autre médecin à temps plein et deux à temps partiel, dont la majorité des tâches sont accomplies en CHSLD.

Une jeune médecin qui devait aller y travailler a vu ses plans changés par la COVID-19 et a accepté un autre poste.

Délaissés

«En décembre 2020, nous pourrions nous retrouver avec 4000 orphelins de service si tous les médecins partent à la retraite», lance Mario Alain, maire de la Ville de Portneuf et porte-parole du comité des maires pour la sauvegarde de la clinique de l’ouest.

Il est aussi membre du comité santé de Portneuf, qui, depuis sa création en 2016, cherche des solutions au manque de médecins dans cette région.

«Nous essayons depuis deux ans d’attirer de nouveaux médecins autorisés par le PREM [Plans régionaux d’effectifs médicaux] dans l’ouest et ce n’est pas facile. La distance des grands centres et l’allure de la clinique n’aident pas. Une des façons pour attirer la relève est de créer un lieu attractif», estime M. Alain.

Le bâtiment actuel est, en soi, très adéquat, juge-t-il, mais a besoin d’une cure de jeunesse.

«Nous avons un engagement moral des propriétaires actuels pour rénover les locaux», a ajouté M. Alain. Dans le contexte, les propriétaires, dont fait partie un des médecins près de la retraite, avaient également besoin d’être rassurés sur l’avenir de la clinique avant d’investir dans le bâtiment.

Le maire espère aussi que des locaux actuellement libres autour de la clinique puissent accueillir des services de santé connexes, dans la foulée de l’effervescence engendrée par la rénovation.

Autre étape

Le comité travaille aussi à développer une nouvelle structure opérationnelle pour la clinique, qui fonctionne selon un modèle qui n’est pas, lui non plus, au goût du jour.

«Notre clinique est opérée par des médecins qui arrivent à leur retraite. Aujourd’hui, les jeunes médecins ne veulent plus se casser la tête avec l’administration. Ils veulent du clés en main, pour avoir plus de temps pour eux et pour se concentrer sur le service. Nos cliniques voisines [Donnacona et Pont-Rouge] ont été restructurées en organismes à but non lucratif [OBNL]. Nous sommes en train d’en créer un. Les huit municipalités de l’ouest de Portneuf veulent montrer qu’elles appuient cet OBNL pour rassurer les nouveaux médecins et IPS, qu’ils n’embarquent pas dans une structure vouée à l’échec», explique Mario Alain.

Récemment, les OBNL de Donnacona et Pont-Rouge ont été repris par une entreprise privée, Medway.

Le comité des maires de l’ouest a aussi recruté une étudiante en médecine «pour nous aider à donner la forme [de la clinique] désirée pour le futur, explique M. Alain. Ça nous positionne pour avoir une formule gagnante. Avec les rénovations et l’OBNL, je suis sûr à 100% d’attirer du monde.»

Selon Mario Alain, le CIUSSS de la Capitale-Nationale est très sensible à la situation de l’ouest de Portneuf et entend en faire une priorité. «Il nous a attribué deux IPS additionnels. Organisons nos flûtes pour bien les accueillir», dit-il.

L’actuelle pandémie et l’arrivée de la période des vacances ont retardé le démarrage du projet. Mario Alain a tout de même espoir de voir les travaux de rénovation de la clinique s’amorcer dès l’automne.

«L’ambiance de travail est extraordinaire, dans l’équipe [médicale]. On a avantage à la maintenir, à lui donner de l’amour, à la clinique, et ensuite à publiciser notre région. Il y a du fun à avoir, à Saint-Marc», conclut-il.