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Des «frais COVID» durs à digérer: une restauratrice recule

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Les «frais COVID» que certains restaurants ont commencé à ajouter sur leurs factures sont loin de faire l’unanimité et au moins un restaurant a dû faire volte-face devant la grogne de ses clients. 

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On parle de quelques dollars de plus sur la facture, avec la mention: «Frais COVID». Les commerçants affirment que ces frais visent à couvrir les efforts sanitaires déployés dans leur commerce pour protéger leur personnel et la clientèle, alors que, pour certains clients, il s’agit d’une forme de taxe déguisée. 

Le client peut refuser de payer si, à son arrivée, le restaurateur n’a pas été transparent au sujet de ces frais. Le client peut aussi se plaindre à l’Office de la protection du consommateur. 

En vertu de l’article 224c de la Loi sur la protection du consommateur, aucun commerçant ne peut exiger un prix supérieur au prix annoncé. 

Ainsi, dans le contexte d’un restaurant, le principe qui doit prévaloir est celui de la transparence. 

À défaut d’ajuster le prix de chacun des plats offerts sur le menu en fonction des coûts occasionnés par la COVID-19, un restaurateur qui impose des frais fixes par personne devrait s’assurer que son client, avant même qu’il ne s’assoie, ait connaissance de ces frais. 

Ces frais devraient donc être clairement annoncés à l’entrée. 

«Il faut que le commerçant soit absolument transparent dans l’annonce de ses prix, soutient Charles Tanguay, de l’Office de la protection du consommateur. Si vous allez au salon de coiffure et qu’on vous fait une coupe de cheveux, et qu’on vous annonce, après la coupe, qu’il y aura 5$ ou 10$ de plus pour la COVID, ça, c’est illégal.» 

Un restaurant recule

La propriétaire de la Pizzeria Napoletana, à Montréal, a dû retirer jeudi soir des frais COVID de 4$ par client après qu'ils eurent manifesté leur mécontentement. 

Linda Girolamo affirme avoir été transparente en annonçant aux clients, dès leur arrivée au restaurant, l'existence de ces frais. 

Elle dit qu'en échange, le client recevait une bouteille d'eau naturelle Saint-Élie, du pain et une sauce épicée pour sa pizza dans de petits gobelets jetables. 

«C’est une situation temporaire, on ne voulait pas mettre les frais sur le take-out ou la livraison, c’était seulement pour la salle à manger. En retour, on donnait un kit, ce n’était pas une taxe. On donne la bouteille d’eau: si tu ne la bois pas, ramène-la à la maison. Mais ç’a mal passé», déplore Mme Girolamo. 

La restauratrice a finalement retiré les frais COVID de sa facturation, en raison du mécontentement qu'ils suscitaient.