/news/society
Navigation

Dix fois plus d’appels pour des abus chez les jeunes

Coup d'oeil sur cet article

Des adolescents en détresse confinés à la maison ont contacté Tel-jeunes pour dévoiler des agressions sexuelles ou physiques dont ils auraient été victimes, et ce, 10 fois plus qu’à la même période l’an dernier.

En mai 2019, environ 70 interventions de crise de l’organisme concernaient des agressions sexuelles ou physiques. 

Au cœur de la pandémie, ce nombre est grimpé à près de 800 au cours du mois de mai 2020, révèlent des données fournies par l’organisme.

Cette hausse importante des dévoilements de maltraitance et de violence sexuelle chez les adolescents pourrait s’expliquer en partie par l’absence du réseau de soutien qu’est l’école, estime la chercheuse spécialisée en violence sexuelle chez les jeunes, Karine Baril.

Du jour au lendemain, les élèves ont perdu contact avec leurs amis, leurs enseignants ou leur psychologue scolaire qui auraient pu leur servir de confidents ou alerter les autorités.

«Si la famille a été maltraitante ou négligente, il n’y avait plus personne pour le voir», résume la Dre Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

La poule ou l’œuf?

La période de confinement a-t-elle provoqué une hausse réelle des agressions sexuelles et physiques envers les jeunes ou seulement une hausse de signalements via les lignes d’écoute?

Il s’agit d’une question délicate, à laquelle les données disponibles ne permettent pas de répondre, selon Mme Baril.

D’un côté, les violences pourraient bel et bien avoir augmenté, dans un contexte où les jeunes ont été confinés chez eux et ont été plus susceptibles d’y avoir été exposés.

De l’autre, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) remarque des baisses de signalements dans plusieurs régions qui vont à l’opposé des données de l’organisme.

Mme Baril croit que les demandes d’aide formelle qui avaient lieu dans un contexte scolaire ont possiblement été redirigées vers des services d’aide téléphonique comme Tel-jeunes, Jeunesse J’écoute, ou 1 888 APPELLE. 

Les intervenants de Tel-jeunes ont d’ailleurs été 30% plus sollicités qu’à l’habitude depuis le début de la pandémie. 

«Ça démontre bien l’importance de ce type d’organisme», conclut la chercheuse.


► Il est possible de contacter Tel-jeunes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au 1 800 263-2266