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Alexis Lafrenière: le mystère de l’été 2015

Son père ne s’explique pas ce qui est arrivé à son fils pour qu’il devienne un joueur dominant

Journaliste
Photo d'archives Le père d’Alexis Lafrenière, Hugo, cherche encore à comprendre ce qui a fait en sorte que son fils a progressé autant à l’été 2015.

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Il semble y avoir eu deux événements importants dans le développement et l’ascension d’Alexis Lafrenière vers le statut d’espoir d’élite : son retranchement de l’équipe des Laurentides pour les Jeux du Québec de 2015, ainsi que sa progression presque inhumaine l’été suivant. D’ailleurs, même son père Hugo s’explique encore mal ce qui s’est passé lors de cet été 2015 qui semble avoir métamorphosé le hockeyeur québécois.

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Parce que, contrairement à ce qui a pu être dit, Hugo Lafrenière l’assure : son fils n’a pas mis les bouchées doubles à l’entraînement cet été-là. Il n’a pas changé sa routine ni suivi des cours de «power skating».

«Il ne voulait pas en faire», mentionne le paternel.

L’été 2015 ne s’est donc pas déroulé bien différemment des autres. Lafrenière a de nouveau passé la saison estivale à pratiquer sa deuxième passion : le baseball, en représentant les Red Sox des Laurentides au niveau AA.

Pourtant, à son retour sur glace à l’automne, il était un joueur complètement transformé.

«Quand on est arrivé à la première pratique de la saison 2015-2016, Alexis venait tout juste de finir de jouer au baseball. Quand je l’ai vu sur la glace, je me suis moi-même dit : c’est pas mon gars! Il avait deux fois plus de vitesse qu’avant. Pour moi, c’est encore un mystère de la vie. Je ne suis pas capable de l’expliquer.»

FAIBLESSE DEVENUE UTILE

Hugo Lafrenière tente ensuite une hypothèse : et si sa principale lacune au fil des ans n’était pas, au final, devenue son principal allié?

«Quand il était plus jeune, son plus gros défaut, ce qui l’empêchait d’être un joueur dominant, c’était son coup de patin. D’après moi, le petit Bon Dieu lui a dit : tu ne patines peut-être pas mais, au moins, tu vas voir tout autour de toi. Alexis, il voyait tout le monde. Le fait qu’il était moins rapide le forçait à travailler sur sa vision du jeu», note son père.

Cette vision du jeu hors-norme, développée pour compenser ses lacunes de patin, est donc devenue un élément encore plus redoutable de son jeu quand il a eu sa poussée de croissance à l’été 2015.

«À partir de là, il avait rejoint la moyenne des joueurs de son âge avec son coup de patin. C’est là qu’il est devenu un joueur dangereux.»

UN ADEPTE DU GYM

Au fil du temps, le père d’Alexis Lafrenière a vu son fils devenir un adepte du gymnase. Jamais il n’a lésiné les efforts pour être le plus dominant possible.

«Je me souviens m’être obstiné avec lui pour qu’il aille à son rendez-vous annuel chez le médecin parce que ça tombait en même temps que son gym.»

Ramzi Abid, qui travaille à la préparation physique de Lafrenière depuis plusieurs années avec Stéphane Dubé, acquiesce.

«Personne n’a jamais remis en doute son éthique de travail. Il faisait toujours de l’extra après les entraînements et c’est encore le cas aujourd’hui.»

HÂTE AU DÉNOUEMENT  

Ce fut une longue saison pour Alexis Lafrenière, mais aussi pour toute sa famille. Hugo Lafrenière ne se le cache pas : il a hâte de savoir officiellement où son fils poursuivra sa carrière.

C’est que l’attaquant de l’Océanic de Rimouski entend parler de son année de repêchage depuis des années. Tout comme ses parents, d’ailleurs.

«Ça fait un bout de temps que j’ai hâte d’être fixé. En ce moment, on ne contrôle rien nulle part, au travail comme ailleurs. Et bien humblement, il n’y a rien de garanti dans la vie. Peu importe le résultat de la loterie, qu’est-ce qui nous dit qu’Alexis va sortir premier au total?», se questionne le père.