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L’UPAC ferme une enquête qui visait l’ex-argentier du PLQ

Marc Bibeau et sa sœur ne seront finalement pas accusés sept ans plus tard

FD-UPAC BIBEAU
Photos courtoisie, TVA et d'archives, Agence QMI Les enquêteurs (photo en mortaise) avaient notamment mesuré les dalles derrière la résidence de Suzanne Bibeau en décembre 2013. Mme Bibeau est la sœur de Marc Bibeau, un ami proche de l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

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L’Unité permanente anticorruption abandonne une autre enquête qui visait l’entourage du Parti libéral du Québec sept ans après avoir commencé ses vérifications.

Cette fois, c’est l’ex-argentier libéral Marc Bibeau, un ami proche de l’ancien premier ministre Jean Charest, qui pourra dormir un peu mieux. 

L’UPAC a annoncé laconiquement hier qu’elle mettait un terme au projet Modestie, une enquête qui «portait sur des allégations de fraude envers l’Agence métropolitaine de transport (AMT)» en lien avec «un important chantier».

Son communiqué ne mentionne ni les suspects de cette enquête, ni même de quel chantier de l’AMT il s’agissait.

Selon les informations de notre Bureau d’enquête, Modestie a débuté en août 2013. Les policiers ont alors reçu des informations qui leur permettaient de croire que des panneaux de béton destinés au projet de train de l’Est de l’AMT auraient plutôt été livrés à la maison de Suzanne Bibeau, la sœur de Marc Bibeau.

Ces pièces préfabriquées auraient servi à la construction d’un patio autour de la piscine de cette luxueuse résidence lavalloise. 

  • ÉCOUTEZ la chronique Crime et Société de Félix Séguin, à QUB Radio:  

La thèse policière voulait que les dalles payées par des fonds publics aient été fabriquées par Saramac, une filiale de la firme Schokbéton, qui appartient à la famille Bibeau.

Le mystère plane

Marc et Suzanne Bibeau étaient les deux suspects identifiés par l’UPAC dans ses documents d’enquête.

Le clan Bibeau a toujours affirmé n’avoir rien à se reprocher. 

«Les matériaux destinés à la construction d’une structure de protection de la voie ferrée à Le Gardeur ont entièrement été livrés, conformément au contrat», a-t-il affirmé dans une déclaration en 2014.

L’UPAC a assuré hier que son enquête avait été menée «selon les règles de l’art». Les éléments dont elle disposait ont d’ailleurs été jugés suffisamment solides pour que le juge de paix Jean-Georges Laliberté autorise des mandats de perquisition, notamment dans les bureaux de Schokbéton, à partir de la fin 2013.  

  • ÉCOUTEZ le commentaire de Richard Martineau à QUB Radio:   

Sept ans plus tard, le corps policier choisit de ne pas transmettre de dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), chargé de porter les accusations. Qu’est-ce qui a changé depuis ? La thèse des enquêteurs s’est-elle déconstruite?

Impossible de le savoir. L’UPAC affirme qu’elle «ne fournira pas d’explications supplémentaires», et ce «afin de protéger les techniques d’enquêtes policières ainsi que la vie privée des gens visés ou impliqués».

Deuxième fois

C’est la deuxième fois en sept mois qu’une enquête de l’UPAC visant des personnages-clés du PLQ des années 2000 est abandonnée. En novembre 2019, le couperet est tombé sur le projet Justesse, qui visait les ex-collecteurs de fonds Charles Rondeau, William Bartlett et Franco Fava.

Dans ce dossier de fraude alléguée à la défunte Société immobilière du Québec, l’UPAC craignait que certains éléments de preuve obtenus lors de perquisition soient contestés en cour, selon nos informations.


♦ Marc Bibeau figure encore parmi les suspects de l’enquête Mâchurer de l’UPAC (sur des allégations de financement illégal au PLQ) qui, elle, est toujours active.