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Labeaume courtise les banlieues de Québec

La Ville et le RTC proposent une nouvelle desserte de transport pour mieux rejoindre les citoyens de la périphérie

Labeaume courtise les banlieues de Québec
Photo courtoisie Ville de Québec

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Le maire de Québec annonce une foule de mesures pour améliorer la desserte en transport dans la banlieue en vue de l’arrivée du réseau structurant et fait le pari que les citoyens de la périphérie y trouveront leur compte.

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Régis Labeaume et le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Rémy Normand, ont présenté plusieurs nouveautés pour « connecter » les banlieues à la « colonne vertébrale du réseau structurant » d’ici 2026.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a répété qu’il veut donner plus d’options de déplacements pour aider les familles à se départir de la deuxième voiture.
Photo Jean-François Desgagnés
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a répété qu’il veut donner plus d’options de déplacements pour aider les familles à se départir de la deuxième voiture.

Le maire veut rallier les banlieusards à son projet de réseau structurant, conscient que « les citoyens de notre région pourraient avoir la perception qu'ils ne bénéficient pas suffisamment des investissements majeurs que consentent les gouvernements ».

Il garantit maintenant que tout le monde sera gagnant. « Personne peut dire à partir de maintenant qu’il n’y a pas potentiellement quelque chose pour eux autres dans le nouveau réseau structurant. »

Réseau repensé

Labeaume courtise les banlieues de Québec
Photo Jean-François Desgagnés

Ainsi, son administration annonce plusieurs modifications. Entre autres, on présente de nouveaux services haute fréquence Métrobus et eXpress, des voies réservées avec priorité aux feux de circulation, l'utilisation des voies réservées sur les accotements autoroutiers, la construction de deux nouveaux Parc-O-Bus et le déploiement du transport à la demande.

« Je rassure les automobilistes, dans notre plan, il n'y a pas de perte de voies de circulation automobile », a indiqué M. Normand.

« Notre administration propose la mise en place d’une véritable toile régionale de transport collectif. Nous avons comme projet d’augmenter le niveau de service et de faciliter significativement le transport en périphérie et d'établir des connexions avec les quatre MRC adjacentes », a annoncé M. Labeaume.

« Ça va nous coûter 34 millions $ de plus par année » pour l'exploitation de ces ajouts au réseau, a expliqué le maire.

Un montant additionnel de 144 millions $ est requis pour le plan d’infrastructures s’ajoutant à certains investissements déjà prévus au réseau structurant de transport.

Maires ravis

Claude Lebel
Photo Jean-François Desgagnés
Claude Lebel

Les maires de la périphérie étaient ravis, vendredi. Le maire de Stoneham et préfet de la MRC de la Jacques-Cartier, Claude Lebel, a même parlé d’« annonce historique » qui permet d’unifier la grande région de la capitale.

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, a déploré que « les citoyens de la ville de Québec vont payer des millions de dollars pour ajouter des services de transport collectif pour des citoyens de municipalités de la périphérie ».

Il salue cependant les ajouts de Parc-O-Bus et les améliorations des parcours et souhaiterait qu’ils se réalisent plus rapidement. 

Un réseau amélioré pour desservir la périphérie  

Deux parc-o-bus de plus  

L’administration Labeaume bonifiera son réseau de Parc-O-Bus.

Dès cette année, on prépare l’ouverture de six stationnements incitatifs à Legendre, Henri-IV, Bastien, de la Faune, Seigneuriale et Sainte-Anne.

Ce à quoi s’ajoutent les deux nouveaux qui ont été annoncés vendredi.

En effet, on prévoit un stationnement de 50 places à Lac-Saint-Charles et un autre de 200 places à Saint-Émile.

En tout, plus de 6000 places seront disponibles pour les automobilistes qui souhaiteraient laisser leur voiture et embarquer dans le transport collectif.

Avec l’ajout des parcours métrobus et la refonte du réseau, la population du nord et de Saint-Augustin sera mieux desservie, affirme le maire Labeaume.

Aujourd’hui, 18 % de la population au nord de l’autoroute Félix-Leclerc habite à moins de 10 minutes de marche du réseau à haute fréquence.

Ces améliorations feront passer ce taux à 38 % en 2026. 

Des bus sur les accotements  

Jean-François Gosselin
Photo d'archives, Pascal Huot
Jean-François Gosselin

Pour faciliter la mobilité des bus, la Ville de Québec envisage de leur créer davantage de voies réservées, notamment sur les accotements des autoroutes.

Le plan propose au total l’ajout de près de 82 km de mesures préférentielles.

On parle de voies réservées, dont 34,2 km seront situés sur les accotements autoroutiers, ainsi que de priorité aux feux de circulation.

Les autoroutes visées sont Charest, Félix-Leclerc, Laurentienne et Henri-IV.

Le président du RTC a insisté sur le fait qu’aucune voie de circulation automobile ne sera retranchée.

M. Normand a indiqué que le RTC n’avait pas encore d’entente avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) sur la faisabilité et le financement de ces infrastructures.

Le maire Labeaume renchérit : « C’est une innovation à Québec, mais ça existe ailleurs et ce n’est pas si onéreux. » La Ville évalue la part du MTQ à 20,5 millions $.

« C’est une autre annonce du maire avec beaucoup de contenu, mais rien d’attaché », a réagi Jean-François Gosselin.

Le transport à la demande  

Le RTC va introduire le transport à la demande. Il s’agit d’un microtransit qui permet de faire de courts déplacements à l’intérieur d’un secteur donné.

Le territoire sera en effet divisé en zones. Un usager pourra aussi l’utiliser pour se connecter au réseau structurant.

Le RTC compte le mettre en place dans les secteurs moins densément peuplés.

Il sera déployé à l’intérieur des limites de la ville de Québec et les coûts ne sont pas encore déterminés. Éventuellement, ce service sera intégré dans un guichet unique des services de transport.

Le président du RTC a admis que l’industrie du taxi n’avait pas été consultée encore, mais qu’elle le sera prochainement.

Il assure que cela n’entre pas en concurrence, puisqu’il s’agit d’une « formule unique qui s’insère entre le taxi et le transport en commun régulier ».

« C’est une fausse bonne nouvelle, estime Jean-François Gosselin. Ça ajoute une couche de compétition dans un secteur assez compliqué », affirme le chef de Québec21, qui parle d’un « Uber subventionné ».

Nouveaux eXpress et Métrobus  

« On veut que les Métrobus aillent plus loin dans le nord du territoire », a indiqué le président du RTC, Rémy Normand.

Par exemple, en partance de Val-Bélair, de Saint-Émile, de Legendre, de La Faune et de Louis-XIV, de nouveaux métrobus feront leur apparition avec des parcours qui permettront d’accéder à des pôles d’emploi de la ville comme Saint-Roch, Sainte-Foy et Lebourgneuf.

Deux nouveaux parcours intermédiaires (leBus) est-ouest sont aussi prévus dans les secteurs de l’aéroport et du boulevard Bastien.

Quant aux eXpress, les parcours seront modifiés ou scindés.

On les réaménagera complètement pour les connecter plus rapidement aux autoroutes, pour réduire leur temps de parcours et pour améliorer leur confort.

« Ça donne un potentiel de huit parcours additionnels eXpress qui pourraient être mis en place pour favoriser une meilleure entrée en ville plus rapide », a commenté M. Labeaume. 

Les MRC voisines ravies  

Le maire de Stoneham et préfet de la MRC de la Jacques-Cartier, Claude Lebel, était aux anges, vendredi.

Il a remercié son « ami » Régis Labeaume pour le « cadeau » d’une région unifiée en transport collectif.

Il a même annoncé en direct à sa fille qu’elle n’aurait pas sa voiture pour aller au cégep, puisque le transport collectif sera plus efficace.

Le plan de la Ville de Québec prévoit en effet des connexions plus faciles des réseaux de transport des MRC avoisinantes.

Notamment en les rabattant sur le futur réseau par l’entremise des Parc-O-Bus ou des pôles d’échanges.

À titre d’exemple, le Réseau de transport de la capitale s’attend à aller chercher 45 000 clients annuellement en y attachant le réseau de transport de la MRC de la Jacques-Cartier et 10 000 clients pour le réseau de la Côte-de-Beaupré et de l’île d’Orléans.

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, ne comprend pas ce « cadeau » donné aux municipalités limitrophes.

« Je suis inquiet de ce que le maire fait avec l’argent des citoyens. » Il estime que « le maire a complètement perdu la valeur de l’argent ».