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Un ancien leader de la mafia refait surface

Le nom de Francesco Del Balso est associé aux paris sportifs

Mettre Crédit photo : COUSTOISIE THE GAZETTE
Photo courtoisie, The Gazette Francesco Del Balso, photographié lors de son arrestation par la GRC dans l’opération Colisée en novembre 2006, à Montréal.

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Un ex haut gradé du clan Rizzuto connu pour son tempérament bouillant souhaiterait reprendre sa place après plus d’une décennie derrière les barreaux.

Les forces policières croient que Francesco Del Balso, l’une des têtes dirigeantes de la mafia visées par l’opération Colisée, préparerait son retour en nouant des liens avec certains acteurs influents du crime organisé.

L’homme de 50 ans a fini d’écouler l’équivalent d’une peine de 15 ans pour gangstérisme en septembre dernier.

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Paris en ligne

Selon nos sources, Del Balso pourrait avoir les yeux sur des activités clandestines dont il était l’un des principaux responsables avant son arrestation en 2006 : les paris illégaux en ligne.

Le lucratif réseau de paris sportifs de la mafia montréalaise, qui génère habituellement un million et demi de dollars en profits chaque mois, a été paralysé par la pandémie de COVID-19.

Mais ce commerce va reprendre avec le retour du soccer en Europe, ainsi qu’avec la reprise prochaine du hockey de la LNH et du baseball majeur.  

Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui avait mené l’enquête Colisée entre 2002 et 2006, Del Balso dirigeait alors le réseau de paris en ligne avec Lorenzo Giordano, tué par balles à Laval il y a quatre ans.

Plus de 1600 joueurs avaient effectué 820 000 paris sur le site internet du réseau, entre octobre 2004 et mars 2006, pour des mises totalisant 390 M$ et un profit net de 26,8 M$.

Des Menaces

« Vous admettez ouvertement votre affiliation avec la mafia italienne, ainsi que vos menaces à l’endroit d’individus considérés comme des mauvais payeurs de votre site de paris en ligne », lui a d’ailleurs rappelé la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dans une décision rendue en janvier 2019.

Le mois précédent, Del Balso s’était reconnu coupable d’avoir proféré des menaces à un journaliste de notre Bureau d’enquête qui avait rapporté que la police de Québec s’intéressait au mafieux en enquêtant sur des plaintes d’extorsion aux dépens de pizzerias dans la Vieille Capitale.

Il avait écopé de 30 jours de prison et d’une probation de deux ans.

« Vous avez mentionné qu’en effet, vous n’aviez pas su maîtriser vos émotions et que vous regrettez vos actions », a précisé la CLCC à ce sujet, en ajoutant que l’enquête n’avait pas permis d’établir que Del Balso était impliqué dans l’extorsion alléguée.

Il parlait de retraite

En 2016, sa libération conditionnelle fut suspendue et Del Balso a dû retourner au pénitencier après les meurtres de son camarade Giordano et de deux autres proches du clan Rizzuto à Laval.

La Commission avait invoqué des renseignements voulant qu’il soit « le prochain sur la liste » des victimes potentielles.

En mai 2017, alors qu’il était libre depuis deux mois, des hommes armés s’étaient rendus à sa résidence pour s’en prendre à lui, mais le Lavallois se trouvait ailleurs. La CLCC l’avait une fois de plus ramené en taule contre son gré, pour sa propre sécurité.

L’été suivant, Del Balso a assuré à la Commission qu’il prenait sa retraite du monde interlope.

« Vous expliquez que vous avez abandonné ce mode de vie criminel et vous voulez mener une vie en respectant les lois », avait-elle noté avant de le remettre en liberté.