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Voyager au Québec peut être aussi dépaysant qu’en Asie

Des agences se sont retournées de bord pour continuer de faire des affaires

Jad Haddad
Photo Pierre-Paul Poulin Jad Haddad, directeur chez Terres d’Aventure, propose aux vacanciers des forfaits dans Charlevoix et le Bas-Saint-Laurent.

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Des agences de voyages se sont adaptées pour offrir aux Québécois des forfaits de voyages ici plutôt que d’attendre la réouverture des frontières.

« Le Québec, ce n’est pas un plan B à cause des frontières fermées », assure Jad Haddad, directeur chez Terres d’Aventure.

Il vante les grands espaces, les sentiers de randonnées pédestres ainsi que les rivières de la province.

Avant la pandémie, son agence se spécialisait dans les périples à l’international avec plus de 120 destinations aux quatre coins du globe.

« On s’est demandé si on mettait nos activités sur pause, mais on a préféré monter les voiles et affronter la tempête », rapporte-t-il.

Terres d’aventure a acheté des minifourgonnettes et développé des partenariats avec des producteurs locaux afin de proposer deux circuits, dans les régions de Charlevoix et du Bas-Saint-Laurent. Les clients partent en toute liberté, mais la logistique, comme les hébergements et les activités, est planifiée par l’agence.

Richard Rémy, fondateur et guide à l’agence Karavaniers à Montréal, s’est lui aussi « viré de bord rapidement ».

« On n’avait rien au Québec ni au Canada. On a travaillé fort pour dévoiler quelque chose qui n’a encore jamais été offert aux Québécois », explique-t-il.

Des forfaits originaux

En quelques semaines, Karavaniers a développé une vingtaine de forfaits au pays. 

« Règle générale, on amène les gens en dehors des Sépaq et des Parcs Canada. On souhaite vraiment leur offrir quelque chose qu’ils ne peuvent pas faire par eux-mêmes, à cause de la logistique complexe. »

Par exemple, un des forfaits mène les voyageurs au site archéologique autochtone du Mushuau-Nipi. 

Pour s’y rendre, ils doivent rouler 14 heures en train, voler en hydravion et pagayer cinq jours en rabaska, une sorte de canot.

« Ce voyage demande plus d’organisation que d’aller au fond du Népal, souligne M. Rémy. L’arrière-pays au Québec n’est pas facile d’accès. C’est là où notre expertise devient intéressante. »

La clientèle au rendez-vous

Les deux agents de voyages sont agréablement surpris de l’engouement porté envers leurs nouvelles offres.

« J’espère que ça va ouvrir les yeux de certains : notre cour arrière est tout aussi intéressante à découvrir », estime M. Rémy.

Christian Guillet, directeur général chez Voyage Louise Drouin, à Drummondville, constate également que les voyageurs aguerris sont intéressés à visiter la province.

« Quelques heures après avoir lancé notre nouveau forfait aux Îles-de-la-Madeleine, le premier groupe était rempli. On va ajouter des départs pour cet été », fait-il savoir.