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Bilan de saison à Québec

GEN-Point de presse des autorités gouvernementales en lien avec la COVID-19
Capture d'écran TVA Nouvelles Leadership solide, résultats tristes, pas facile de faire le bilan d’une saison politique monopolisée par une pandémie.

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L’exercice des bilans politiques a rarement été aussi périlleux. Comment juger un gouvernement lorsqu’il traverse une tempête qui n’a pas de précédent ? Comment dire qu’un autre aurait fait mieux ou pire ?

L’exercice est encore plus difficile compte tenu des extrêmes que nous avons vécus avec le gouvernement québécois. 

D’un côté, des décisions rapides et courageuses, une communication disciplinée et un sens du leadership dans la tempête. De l’autre, un nombre de décès inimaginable qui place le Québec trop haut dans ce triste palmarès mondial.

Je retiens trois conclusions. 

  1. François Legault s’est révélé dans la posture d’un premier ministre fort. Capable de vivre seul, en haut de la pyramide décisionnelle, avec la pression des décisions éprouvantes. Assez fort pour trancher, assez humble pour reconnaître ses erreurs. Le remaniement a clôturé la saison dans un geste fort et pertinent.
  2. Ce que nous avons toléré dans nos CHSLD constitue une honte nationale, une tache dans l’histoire du Québec. Ils ont été négligés à tous points de vue pendant des années. J’insiste cependant pour dire qu’ils ont aussi été négligés dans les phases de préparation à cette pandémie. Le résultat est connu. L’enquête du coroner nous révélera peut-être que certains sont morts de déshydratation plutôt que de la COVID-19. Désolant.
  3. La machine ne répond plus. La bureaucratie de la santé a fait perdre la face à répétition aux ministres McCann et Blais. Est-ce que le nouveau ministre va infléchir ce méga-ministère ? Ou est-ce tout simplement que ce monstre vit par lui-même, fait ses propres lois et ne répond plus à personne ?

L’opposition libérale a joué son rôle de façon responsable en temps de crise. Un mélange de coopération et de surveillance saine du gouvernement. 

Cependant, ce qu’on retiendra, c’est la fin abrupte de la course à la direction du PLQ. Un beau matin, le candidat Alexandre Cusson annonce son retrait. À l’heure du dîner, l’exécutif du parti décide (ou constate) qu’il n’y a plus de course.

Pas de débat

Dominique Anglade est donc devenue chef du Parti libéral sans applaudissements, sans événement, sans enthousiasme. Et ce parti aura été privé d’un débat d’idée qui apparaissait essentiel après une amère défaite. À ce jour, Dominique Anglade a été à la hauteur de sa fonction.

Notons au passage le phénomène Gaétan Barrette. Au début de la pandémie, il a enfilé son chapeau de médecin et a multiplié les interventions pertinentes dans les médias. 

Puis la crise dans les CHSLD a ramené à la surface sa réforme de la santé. En fin de session, il a joué un rôle musclé dans l’opposition au projet de loi, au point de faire de l’ombrage à sa chef.

Québec solidaire a montré sa capacité à saisir efficacement des enjeux humains et sociaux. La pandémie lui a permis de se sortir du piège de l’environnement comme sujet unique.

Quant au Parti québécois. Il est devenu par la force des choses un parti de l’Est-du-Québec. La course au leadership permettra-t-elle la relance ?