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Formule 1: environnement inédit

Une rentrée pas comme les autres en Autriche la semaine prochaine

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Photo d'archives, AFP Max Verstappen aura l’occasion de défendre dans sept jours son titre acquis l’année dernière en Autriche.

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Initialement prévu pour la mi-mars en Australie, le coup d’envoi de la saison de Formule 1 sera finalement donné la semaine prochaine en Autriche.

Le grand cirque de la F1 va enfin reprendre ses droits sur le circuit de Spielberg, du 3 au 5 juillet, après que la pandémie eut forcé le report ou l’annulation des 10 premières étapes en 2020.

Mais, COVID-19 oblige, cette rentrée tant attendue s’effectuera dans un environnement sans précédent. 

Non seulement les spectateurs ne seront pas admis sur le site, mais aussi, pour éviter tout grand rassemblement, les 10 écuries seront limitées à quelque 80 employés sur place alors qu’en temps normal, c’est presque le double qui est recruté pour la fin de semaine.

Rarement la F1, symbole de la démesure et d’extravagance, n’aura été aussi discrète. Pour les réceptions au champagne et au caviar, on repassera.

Il n’y aura ni invité ni représentants de commanditaires sur place. En fait, toute personne dont la présence est jugée non essentielle devra rester à la maison. La zone des paddocks n’aura pas la même ambiance puisqu’aucun de ces majestueux « motorhomes » n’y sera érigé.

Qui plus est, il n’y aura ni festivités d’avant-course ni cérémonie de podium après l’épreuve.

Médias triés sur le volet

Chaque année, la F1 émet environ 400 laissez-passer permanents aux membres des médias (journalistes photographes et caméramans) affectés à sa couverture.

Or, ces derniers n’échapperont pas au couperet. À peine une vingtaine d’entre eux ont été invités à ce premier Grand Prix. Ils seront confinés au centre de presse du
circuit sans possibilité de rencontrer les pilotes pendant le week-end. Les conférences de presse seront suivies uniquement par vidéo. 

Les autorités de la F1 ont privilégié l’accès aux représentants d’agences internationales telles AFP et Reuters ainsi que ceux des journaux à grande diffusion.

Le premier groupe sera convié aux trois premières épreuves, puis il devra laisser la place à une deuxième sélection pour les trois manches suivantes. Un dernier groupe de médias aura accès aux Grands Prix subséquents qui auront lieu à Spa-Francorchamps, en Belgique (30 août) et à Monza, en Italie (6 septembre).

Production... extérieure

Pour la première fois, un Grand Prix de F1 sera produit à l’extérieur de l’enceinte du circuit.

L’équipe de diffusion, à part ses caméramans et quelques journalistes, va travailler dans un studio en Grande-Bretagne pour assurer la retransmission de la course.

« Au lieu des quelque 230 personnes mobilisées sur place habituellement, une centaine seulement feront le déplacement en Autriche, d’indiquer le directeur de la diffusion, Roberto Dalla, cité par le site officiel de la F1. Non seulement on réduit nos dépenses, mais ça permet un meilleur contrôle des mesures sanitaires. »

12 000 tests en deux semaines

Près de 12 000 tests de la COVID-19 seront effectués durant les deux premiers Grands Prix de la saison, qui auront lieu les 5 et 12 juillet en Autriche.

Selon l’agence de presse locale APA, des centres de dépistage seront érigés à l’entrée du circuit de Spielberg. Les échantillons vont par la suite être transportés deux fois par jour dans un laboratoire allemand ouvert 24 heures sur 24. Les résultats seront connus en moins d’une journée. 

Un beau clin d’œil à Gilles Villeneuve  

Analyste de la Formule 1 à la télé française, Jacques Villeneuve, comme la plupart de ses confrères, vivra cette rentrée à distance.

« C’est dans un studio de Paris que nous allons assurer la description du Grand Prix d’Autriche, a indiqué le champion du monde de 1997 en entrevue téléphonique au Journal. Seulement deux représentants de notre réseau [Canal +] seront dépêchés sur place, soit un caméraman et le reporter Laurent Dupin.

« La situation va se répéter pour les sept courses suivantes, a-t-il poursuivi. Après, on verra. On ne connaît pas la suite. »

Or, en principe, les dirigeants de la Formule 1 devraient divulguer la deuxième portion du calendrier en début de semaine, peut-être même lundi.

La victoire de papa

La dernière étape de 8 épreuves à huis clos aura lieu à Monza, en Italie, le 6 septembre. Les plus récentes rumeurs laissent croire qu’une autre course en territoire italien pourrait être organisée dès la semaine suivante, soit au circuit de Mugello.

« On entend les mêmes histoires que vous, a indiqué Villeneuve, mais ce ne sont que des spéculations. »

Dans ce calendrier final tant attendu, une escale à Montréal est toujours possible. Villeneuve la souhaite ardemment.

« La F1 aime Montréal et vice-versa, a-t-il dit. Mais je ne suis pas convaincu que le Grand Prix du Canada va avoir lieu cet automne. J’espère me tromper. Une course en octobre serait un beau clin d’œil à Gilles [son père] et à sa première victoire en F1. »

Pour la petite histoire, Gilles Villeneuve, à bord de sa Ferrari, remportait la première de ses six victoires en F1, le 8 octobre 1978, sur un circuit qui porterait éventuellement son nom.

Astérisque ?

Rien n’empêche la F1 de dévoiler la suite de son calendrier la semaine prochaine sans toutefois savoir si certaines étapes auront bel et bien lieu en raison de la pandémie et du risque très probable d’une deuxième vague.

Ainsi, la tenue du GP du Canada pourrait être accompagnée d’un astérisque. Car, selon toute vraisemblance, confirmer sa tenue à la mi-octobre semble pour l’instant prématuré.