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Ils se lisent en une journée seulement!

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Si on n’a pas envie d’entamer l’été avec une histoire qui n’en finit plus, tous les romans étrangers proposés se lisent en moins de deux. Et tous sont excellents.

La fille de la supérette  

Sayaka Murata, aux Éditions Folio, 146 pages.
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Sayaka Murata, aux Éditions Folio, 146 pages.

Ce roman a été l’un de nos gros coups de cœur de 2018. D’abord publié en français sous le titre de Konbini, il relate l’étrange histoire de la non moins étrange Keiko Furukura, l’une des rares Japonaises à avoir volontairement sacrifié ses études universitaires pour aller jouer les caissières dans une supérette ouverte de jour comme de nuit. Aussi minable soit-il, c’est un boulot qu’elle adore. La preuve, elle y travaille depuis maintenant 18 ans. Alors lorsqu’elle remarquera que l’un des nouveaux employés ne se comporte pas toujours de façon très respectable envers les clientes, son unique objectif sera bientôt de mater ce malotru incroyablement paresseux. Un régal.   

Le vieux qui lisait des romans d’amour  

Luis Sepúlveda, aux Éditions Points, 122 pages.
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Luis Sepúlveda, aux Éditions Points, 122 pages.

Lorsqu’il ne pleut pas, il est possible de se rendre en pirogue jusqu’au fin fond de la forêt amazonienne, dans un petit village appelé El Idilio. C’est d’ailleurs de cette façon-là que le corps d’un gringo blond sera transporté, et le maire du coin accusera tout de suite les indiens Shuars de l’avoir assassiné. Mais Antonio José Bolivar, qui habite la région depuis des années, ne verra pas les choses du même œil. Selon lui, le gringo a plutôt été tué par une femelle ocelot pleurant la perte de ses petits. Et pour le prouver, il devra partir à sa recherche. Ça a été le tout premier roman de l’écrivain chilien Luis Sepúlveda. Et aussi son plus grand succès. 

La revanche de Kevin  

Iegor Gran, aux Éditions Folio, 206 pages.
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Iegor Gran, aux Éditions Folio, 206 pages.

Envie d’une histoire sympathique susceptible de vous faire sourire à plusieurs reprises ? Si oui, n’hésitez pas à faire la connaissance de François-René Pradel, un écrivain dont les nombreux romans ne se vendent guère. Remarquez, les choses pourraient très bientôt changer. Pendant le Salon du livre de Paris, il a en effet rencontré le lecteur professionnel d’une très prestigieuse maison d’édition française. Et à en croire ce dernier, le tout nouveau manuscrit de François-René pourrait fort bien devenir le prochain bestseller de l’heure. Il n’y a qu’un simple petit contrat à signer et hop, le tour sera joué. Sauf que... Ah non, pas question d’en dire plus. La suite est trop truculente pour n’être résumée qu’en deux ou trois lignes. 

Le grand cahier  

Agota Kristof, aux Éditions Points, 168 pages.
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Agota Kristof, aux Éditions Points, 168 pages.

Avec ce premier tome de La trilogie des jumeaux, l’écrivaine d’origine hongroise Agota Kristof a réussi à secouer bon nombre de lecteurs. À commencer par nous ! Voici pourquoi : parce que la guerre bat son plein à la Grande Ville, une mère aura la géniale idée de confier ses jeunes jumeaux à sa propre mère, qui vit à la campagne. Une erreur, car dès lors, Klaus et Lucas ne seront plus que des « fils de chienne ». Tel qu’ils ne tarderont pas à le découvrir, ils auraient difficilement pu tomber sur pire grand-mère. Mais étant très proches l’un de l’autre, pour ne pas dire fusionnels, ils s’adapteront peu à peu à leur nouvelle vie en ne laissant plus rien les atteindre.  

Mr Gwyn  

Alessandro Baricco, aux Éditions Gallimard, 184 pages.
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Alessandro Baricco, aux Éditions Gallimard, 184 pages.

Du même auteur, on aurait également pu choisir Soie, qui se lit encore plus vite avec ses quelque 140 pages. Mais tenant à ajouter une dose de fantaisie à ce dossier de courtes lectures estivales, Mr Gwyn s’est imposé de lui-même. Il met en scène nul autre que Jasper Gwyn, l’un des romanciers les plus populaires d’Angleterre. Du moins jusqu’à présent, puisqu’il a récemment décidé de mettre un terme à sa fructueuse carrière d’écrivain en annonçant avec tambours et trompettes que plus jamais il n’écrira de livres. Le problème ? Au bout d’un an, il ressentira à nouveau le besoin d’écrire. Mais ne pouvant revenir sur sa parole, il décidera de louer un atelier d’artiste. Non pas pour y peindre des tableaux, mais pour rédiger les portraits de tous ceux et celles qui voudront bien défiler nus devant lui pendant un mois. Un réel bonheur de lecture. 

La musique d’une vie  

Andreï Makine, aux Éditions Points, 144 pages.
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Andreï Makine, aux Éditions Points, 144 pages.

Dans une gare de l’Oural ensevelie sous la neige, tout le monde attend depuis des heures dans un état de résignation totale l’arrivée du train pour Moscou. Ce qui vaut aussi pour le narrateur de ce septième roman d’Andreï Makine, et l’homme avec lequel il voyagera bientôt dans un wagon de troisième classe. Un homme jadis promis à une belle carrière de pianiste, mais qui, le destin en ayant décidé autrement, finira par passer une grande partie de sa vie à fuir le régime communiste et à se faire tout petit. Un récit très joliment écrit qui permet réellement de comprendre l’expression « homo sovieticus » qui a été popularisée dans les années 1980 par le philosophe Alexandre Zinoviev. 

Hiver à Sokcho  

Élisa Shua Dusapin, aux Éditions Folio, 160 pages.
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Élisa Shua Dusapin, aux Éditions Folio, 160 pages.

Grâce à la littérature, il est encore possible de voyager au loin. Alors autant en profiter pour visiter Sokcho, une petite ville de Corée du Sud baignée par la mer du Japon. Tout comme Yan Kerrand, un auteur de bandes dessinées originaire de Normandie, on ira ainsi de découverte en découverte : la frontière nord-coréenne toute proche, les ragoûts de radis, les abris antitsunami, l’engouement général pour les chirurgies esthétiques. Tout comme Yan Kerrand, on tombera également peu à peu sous le charme d’une jeune femme de chambre franco-coréenne dont la mère est l’unique poissonnière de la ville à pouvoir cuisiner du fugu. Une jolie histoire tout en retenue.  

Extension du domaine de la lutte  

Michel Houellebecq, aux Éditions J’ai lu, 160 pages.
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Michel Houellebecq, aux Éditions J’ai lu, 160 pages.

Bien avant Les particules élémentaires, La carte et le territoire, Soumission ou Sérotonine, il y a eu Extension du domaine de la lutte. Un premier roman datant de 1994, dans lequel Michel Houellebecq consigne noir sur blanc les mornes aventures d’un homme désabusé dont le boulot, les amours, la vie sociale, les perspectives d’avenir et les rêves n’ont rien de folichon. Si on n’a pas le moral ou si on est en pleine crise de la quarantaine, mieux vaut éviter. Mais si on est curieux de remonter aux sources pour voir ce que Houellebecq avait à l’époque dans le ventre, c’est le moment ou jamais. 

Élévation  

Stephen King, aux Éditions Le livre de poche, 147 pages.
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Stephen King, aux Éditions Le livre de poche, 147 pages.

Si ce n’est pas tout à fait le genre de roman auquel Stephen King nous a habitués, ça ne l’empêche pas d’être bon. Les grandes lignes de l’histoire ? Peu importe ce qu’il mange ou ce qu’il porte, Scott Carey perd chaque jour quelques grammes. En moins d’un mois, il a ainsi perdu 13 kilos. Mais le plus curieux dans tout ça, c’est que de l’extérieur, ça n’est absolument pas visible. Un truc beaucoup plus visible ? La façon dont les nouvelles voisines de Scott sont traitées. À Castle Rock, on n’apprécie pas trop les lesbiennes et même s’il n’est pas au meilleur de sa forme, Scott décidera de leur venir en aide. Évidemment, on ne vous confiera pas ici comment ! 

Le ciel par-dessus le toit  

Nathacha Appanah, aux Éditions Gallimard, 125 pages.
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Nathacha Appanah, aux Éditions Gallimard, 125 pages.

De Nathacha Appanah, on a aimé tous les romans. Surtout Le dernier frère et Tropique de la violence. Quant à celui-ci, ça a été l’an dernier l’un de nos premiers coups de cœur de la rentrée. Il raconte l’histoire d’une famille à laquelle on est presque heureux de ne pas appartenir. Deux pères qui ont mis les voiles depuis longtemps, une mère incapable d’affection, une fille qui a choisi de s’installer le plus loin possible de la maison où elle a grandi et un fils un peu bizarre qui croupit dans une maison d’arrêt à cause du grave accident de la route qu’il a provoqué. On mélange tout ça et, oui, le résultat est assez troublant.  

En attendant Bojangles  

Olivier Bourdeaut, aux Éditions Folio, 176 pages.
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Olivier Bourdeaut, aux Éditions Folio, 176 pages.

Avec ce petit bijou de livre qu’on recommande sans réserve, on entre très vite dans la danse. Et ce, grâce à la femme de Georges, qui a depuis longtemps envoyé valser tout ce qui rime avec norme, convenances ou routine. Entre ses lubies (changer sans cesse de prénom, chercher un château en Espagne, etc.), son étrange animal de compagnie (une grue de Numidie !) et son goût prononcé pour les fêtes jusqu’à pas d’heure, il est presque impossible de s’ennuyer en sa présence. Mais lorsqu’on est aussi fantasque et imprévisible qu’elle, il faut tôt ou tard s’attendre à ce que les choses dérapent... Un vrai coup de cœur. 

Mon chien Stupide  

John Fante, aux Éditions 10/18, 187 pages.
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John Fante, aux Éditions 10/18, 187 pages.

Pour terminer, un bouquin qui saura sûrement dérider bien des lecteurs. Récemment adapté au grand écran par le réalisateur français Yvan Attal, il nous permet de côtoyer de près tous les membres de la famille Molise : Henry, écrivain raté traversant une sacrée mauvaise passe depuis des années, Harriet, son épouse presque toujours à deux doigts de piquer une crise, et leurs quatre grands enfants particulièrement empotés. Sans oublier Stupide, l’énorme chien sorti de nulle part par une froide et pluvieuse soirée de janvier qui ne cesse de collectionner frasques et bêtises pour le plus grand plaisir d’Henry. Bref, il y a de quoi s’amuser !