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La question qui tue

Fête nationale
Photo Pierre-Paul Poulin

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Je vais vous poser une question difficile, mais qu’on devra tous se poser un jour collectivement.

Une question à laquelle nous devrons tous répondre, franchement et sans faux-fuyants.

Est-ce que ça vous tente encore de survivre en tant que peuple?

NATION : UN MOT RADIOACTIF

Parce que, lorsque je vois qu’on organise des fêtes nationales sans drapeau national et sans parler de la question nationale.

Quand je vois des artistes abandonner le combat nationaliste pour embrasser goulûment, aveuglément et naïvement le multiculturalisme canadien. 

Quand je vois de supposés membres de l’élite québécoise confondre – certains par ignorance, la plupart par mauvaise foi – «diversité» et «multiculturalisme». 

Quand je vois les Québécois voter en masse pour Justin Trudeau, un premier ministre fédéral qui, encore plus que son père, associe le nationalisme à la xénophobie, allant jusqu’à déclarer avec fierté que le Canada est le premier pays «postnational». 

Quand je vois des artistes délaisser le combat du français pour parler une langue bâtarde, qui n’a rien à voir ni avec Molière ni avec Shakespeare.

Quand je vois les jeunes grincer chaque fois qu’ils entendent les mots «nation», «patrimoine», «histoire», «laïcité», «défense du français» et «fierté nationale».

Quand je lis que de plus en plus de Québécois croient que c’est tout à fait normal que des commerçants accueillent leurs clients en disant : «Bonjour, Hi!»

Quand je vois la mairesse de Montréal «oublier» de parler en français dans une conférence de presse.

Quand j’entends un candidat à la chefferie du PQ (le PQ, bordel!) dire que le Québec devrait revoir les règles de l’affichage commercial pour tenir compte «du caractère multiculturel de Montréal», affirmer qu’on devrait ajouter un symbole anglais sur le drapeau du Québec et déclarer que le combat pour la défense du français est «une querelle du passé».

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Quand je vois des gauchistes nationalistes concevoir l’indépendance non comme une fin en soi, mais comme un moyen de construire un paradis socialiste. 

Quand je vois et j’entends tout ça, je me dis : est-ce que ça vous intéresse toujours de survivre comme peuple?

LA CLÉ DANS LA PORTE

Parce que si ça ne vous tente pas plus que ça, si vous trouvez que c’est trop d’ouvrage pour vos frêles épaules, on va tirer la plogue et mettre la clé sous la porte!

On va tous se mettre à l’anglais, adopter le multiculturalisme et s’agenouiller devant la Charte!

On va arrêter de garder artificiellement en vie un rêve qui intéresse de moins en moins de personnes!

Quand c’est rendu que le Mouvement national des Québécois ne remarque même pas l’absence du drapeau national dans la fête nationale, je me dis qu’une étape charnière a été franchie, qu’on est au-delà du confort et de l’indifférence, qu’on a avalé et digéré le discours canadian sur la nation, la culture et l’identité!

J’ai écrit il y a 11 jours que la fête de la Saint-Jean ressemblait de plus en plus à la fête du Canada.

Eh bien, le spectacle du 23 juin m’a donné raison. 

Les Canadians, qui croient que les Québécois francophones ne constituent rien de plus qu’un groupe ethnique parmi tant d’autres, doivent rire dans leur barbe. 

Ils n’ont plus à nous combattre : nous avons laissé tomber les armes.