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Klô Pelgag: prendre son mal en patience

Klô Pelgag
Photo courtoisie Klô Pelgag a dû s’armer de patience avant de pouvoir lancer son nouvel album, qui était prêt depuis le mois de novembre.

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Klô Pelgag a dû s’armer de patience, ces derniers mois. Alors qu’elle devait lancer son nouvel album, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, en avril, une certaine pandémie mondiale a chamboulé tous les plans. Deux mois et demi plus tard, la voilà qui arrive avec cet excellent disque, sans doute le meilleur de sa carrière. Le Journal s’est entretenu avec l’artiste sur la création, le confinement, le retour à la normale et le Japon.

Comment as-tu vécu le printemps en voyant que la sortie de ton album était repoussée ?

« Ç’a été parsemé de petits deuils. Mais c’est tellement une situation exceptionnelle et plus grande que nous [la pandémie]. Oui, c’est plate pour l’album et pour l’élan, mais y’a des questions beaucoup plus majeures qui étaient abordées. Y’a du monde pour qui ç’a été beaucoup plus difficile que moi. »

« Ç’a été un travail de patience immense pour moi. L’album était déjà prêt en novembre. Juste de m’imaginer le sortir en avril, c’était super loin pour moi. Et quand il a été décalé, j’étais comme : oh my god ! »

Habituellement, quand tu sors un disque, tu penses déjà à la tournée. Dans quel état d’esprit es-tu en ce moment ?

« On est encore dans l’attente pour les spectacles. Quand la pandémie a explosé, on était en train d’aborder les tounes pour les transposer sur scène. On était excités d’entrevoir le début de la tournée. On avait des beaux trucs qui s’en venaient. On a encore l’espoir d’une tournée en décembre en Europe. Les billets sont en vente et ce n’est pas remis pour l’instant. Mais on va continuer de suivre la situation. Je pense que lorsqu’on va refaire des shows, le monde va tellement avoir soif d’en voir. Ça va être fou. D’ici là, il faut juste être patient et accepter ce qui se passe. Je ne suis pas démolie par la situation du tout. Je suis super enthousiaste. Ça cultive la hâte. »

Klô Pelgag
Photo courtoisie

Tu as donné naissance à ton premier enfant au début de l’année. Est-ce qu’avoir un nouvel être humain de qui t’occuper, ça relativise les choses ?

« Absolument ! Le côté positif au niveau personnel, c’est que je peux prendre chaque seconde et être avec mon enfant et voir chaque microévolution. Pour ça, c’est quand même extraordinaire. Si je ne l’avais pas avec moi, je vivrais peut-être difficilement ce report-là. Je suis un peu chanceuse dans ma malchance ! »

Tu as commencé à travailler sur ton nouvel album peu de temps après avoir remporté le Félix de l’artiste féminine de l’année, en 2018. As-tu vécu une pression différente à la suite de ce trophée ?

« La pression est envers moi-même. La pire critique que je peux avoir, c’est la mienne. Je suis tout le temps dans un désir de me surpasser, de me surprendre. Je sortais de trois ans de tournée. Ç’a été vraiment intense, étourdissant. Je n’avais pas eu le temps de m’asseoir et créer. Quand tout s’est terminé, j’avais une soif immense d’entamer ce projet-là. En même temps, c’était vertigineux. Je me retrouvais devant un vide. C’était à la fois stimulant et excitant, mais aussi épeurant. Je suis partie là-dedans et je me suis botté le cul. Je pense que je suis arrivée à aller plus loin que ce que je connaissais et que je me croyais capable de faire. »

« C’est vraiment un album de dépassement de soi, je pense. Je ne me suis vraiment pas assise sur ce que je connaissais. Je me suis mise au défi. C’est ce qui me rend le plus fière. C’est l’album au travers duquel je me suis le plus réalisée et que j’ai le plus grandi. J’ai eu des collaborations enrichissantes avec Sylvain Deschamps, François Zaïdan, Étienne Dupré et Pete Pételle. C’est le noyau de production d’album. Ç’a été une expérience extraordinaire de travailler avec eux. »

Tu es allée jouer au Japon en 2017. Y a-t-il d’autres projets là-bas avec cet album ?

« Je suis supposée y aller en août... Mais je ne sais pas comment ça va se passer. C’est mon pays préféré, j’ai trop hâte d’y retourner ! Tout est un peu flou en ce moment. »

« Quand j’y suis allée la première fois, c’était dans le cadre d’un festival. J’avais joué dans des salles de 400 personnes. J’avais fait quatre shows là-bas. [...] C’est super abstrait pour moi. Je suis juste contente de pouvoir aller jouer là-bas. J’aime cette culture-là. Je trouve ça extraordinaire de pouvoir jouer ma musique dans des pays non francophones. »


Le nouvel album de Klô Pelgag, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, est sur le marché. Pour plus d’infos : klopelgag.com.