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Racisme: toutes les couleurs de l’horreur

Racisme: toutes les couleurs de l’horreur
Photo wikipédia.org

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Le mouvement antiraciste est un vaste parapluie regroupant toutes sortes de sensibilités et de motivations.

L’une d’elles insiste beaucoup sur cet effroyable crime contre l’humanité que fut la réduction à l’état d’esclaves d’Africains vendus ensuite dans les diverses colonies des Amériques.

On a aussi vu l’antiracisme servir récemment de paravent boiteux pour de nouvelles dénonciations de la Loi sur la laïcité, surtout faites par des musulmanes voilées.

Un peu d’histoire maintenant.

Commerce

Dans l’histoire de l’humanité, il y a eu trois types de trafic d’esclaves, si on laisse de côté la problématique actuelle du commerce de femmes et d’enfants non consentants à des fins sexuelles. Il y a eu la traite en Occident, donc un commerce triangulaire entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Elle dura cinq siècles.

Il y a eu la traite intra-africaine : des Africains transformaient en esclaves d’autres Africains qui ne quittaient pas le continent. Il y a eu enfin la traite vers l’Orient, puisqu’il y eut des Africains esclaves dans le monde musulman, en Inde, en Chine, etc. Dans cette traite vers l’Orient, le trafic arabo-musulman fut le plus important. Il s’étendit du VIIe siècle à 1920.

On souligne peu que cette horreur absolue fut effectuée avec la complicité de nombreux rois africains.

Les trafiquants occidentaux, par exemple, restaient sur les côtes du Nigéria, du Togo, du Bénin.

Les razzias d’êtres humains à l’intérieur des terres étaient faites par des Africains qui en gardaient certains et échangeaient les autres contre des marchandises.

L’esclavage était donc aussi un instrument de politique intérieure aux mains de potentats africains. Les spécialistes s’entendent sur environ 10 millions d’infortunés arrachés de chez eux et envoyés dans les Amériques.

J’évoquais plus haut cet amalgame entre le racisme et la laïcité fait par des militantes musulmanes revêtues de leur hijab.

Mahomet lui-même possédait des esclaves et le texte coranique le dit sans détour.

Dans la traite arabo-musulmane, il y a aussi débat parmi les spécialistes sur le nombre d’esclaves impliqués en raison du caractère incomplet des sources.

Le chiffre le plus communément évoqué est de 17 millions d’êtres humains.

Il n’y a cependant aucun débat possible sur ce que Paul Bairoch résume ainsi :

« Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d’esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d’esclaves ».

Tidiane N’Diaye explique qu’une particularité de l’esclavage arabo-islamique fut que les mâles étaient systématiquement castrés. Ils n’ont donc pas laissé une descendance qui, aujourd’hui, pourrait rappeler cette horreur et demander reconnaissance ou réparation.

Monopole

En Occident, l’esclavage fut aboli par étapes au 19e siècle.

En Arabie saoudite, il ne fut aboli qu’en 1962 et, en Mauritanie, il subsiste dans les faits bien qu’officiellement aboli en 1981.

Plus près de nous, plusieurs tribus amérindiennes, dans ce qui est aujourd’hui le Canada, réduisaient en esclavage les tribus conquises.

Dans l’histoire de l’humanité, personne n’a eu le monopole de l’horreur, et la barbarie est venue dans toutes les couleurs.