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Communication efficace dans une guerre perdue

Fran�ois Legault
Photo Pierre-Paul Poulin Danielle McCann : virée pour ne pas avoir été à la hauteur ? Ou pour être offerte en pâture ?

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S’il est une bataille que le premier ministre Legault a remportée, c’est celle des communications. Toutefois, on ne peut pas en dire autant de sa guerre contre le coronavirus. 

Bien qu’il ait tenté de relativiser maladroitement les pertes en mentionnant qu’à part les CHSLD, le Québec s’en tirait bien, le chef caquiste est conscient que l’heure des comptes viendra.

La popularité dont il jouit risque de s’étioler lorsqu’un bilan rigoureux de la gestion de la crise sera fait. Ainsi, on comprend mieux sa rapidité à remanier son cabinet pour apaiser les grognes qui surgiront. Cependant, il n’est pas garanti que la manœuvre le mettra à l’abri.

Aveu d’échec

En éjectant Danielle McCann du ministère de la Santé, le premier ministre lui fait porter le blâme pour les ratés dans la gestion de crise. En fidèle soldat, elle prend les coups pour son général. Pourtant, c’est le gouvernement tout entier qui n’a pas été à la hauteur face à la crise.

Quoi qu’ait pu dire le trio Legault, Arruda et McCann, le Québec n’était pas prêt et a tardé à s’organiser pour juguler la pandémie. Des erreurs tactiques majeures se sont produites. 

Le manque de matériel de protection pour les soignants, le transfert des patients d’hôpitaux vers les CHSLD et les employés qui travaillent dans plus d’un établissement ont mené à un des pires bilans au niveau mondial. 

La négligence des gouvernements précédents et la semaine de relâche ne suffisent pas à expliquer l’ampleur de la catastrophe québécoise. Le personnel soignant placé dans des conditions inadéquates s’est transformé en vecteur de propagation de la maladie. Le gouvernement caquiste est pleinement responsable de cet état de situation ! 

Ça n’ira pas mieux

Le remaniement ministériel a de quoi nous laisser dubitatifs.

Si McCann n’a pas été la hauteur au ministère de la Santé, son remplaçant n’amène pas un tableau de chasse plus impressionnant dans ses fonctions antérieures au Conseil du trésor. 

Le projet de loi avorté pour accélérer la relance de l’économie, les négociations avec les médecins spécialistes et les employés de l’État sont une accumulation d’échecs pour Christian Dubé. Après tous ces revers, le premier ministre espère-t-il vraiment qu’il domptera le monstre de la santé ? 

La nomination de Sonia LeBel au Conseil du trésor apparaît avant tout comme une caution morale pour faire avaler les reliquats du projet de loi 61. C’est loin d’être certain que sa droiture résistera aux dérogations réglementaires que le premier ministre voudrait multiplier.

Quant à la négociation dans le secteur public, sa venue n’augure pas d’un dialogue plus fructueux à la lumière de ses premières remarques et du cafouillis créé par son prédécesseur dans le dossier des préposés aux bénéficiaires.

Nathalie Roy et Jean-François Roberge n’ont pas été plus brillants que madame McCann dans leur ministère respectif et auraient mérité, comme elle, d’aller faire un tour ailleurs, mais cela aurait été un trop grand aveu d’incompétence gouvernementale !