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Hausse des surdoses en raison de la pandémie

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Depuis le mois de mars, où la province a entamé ses mesures sanitaires en raison de la pandémie de la COVID-19, une hausse importante de surdoses de drogue est survenue dans la ville de Québec.  

Plusieurs croient que la fermeture des frontières a contribué à ces surdoses.

«Le réseau traditionnel d'approvisionnement était coupé en raison de la fermeture des frontières», explique Mario Gagnon, directeur général de l’organisme Point de repères. «Donc, on a vu des produits qui étaient super toxiques en termes de GHB, entre autres.»

«Le speed était déjà problématique, mais on a vu plusieurs surdoses liées à la consommation de ces produits-là. Donc, on pense probablement, face à l'approvisionnement et au manque de dope, que les gens ont dû couper un peu plus les produits avec des produits un peu plus toxiques», ajoute-t-il. 

Pour les mois d’avril, de mai et de juin, on dénombre 15 surdoses mortelles à Québec. 

Le nombre de surdoses non mortelles, quant à lui, a doublé par rapport à l’an dernier avec une moyenne de 15 chaque mois. 

Le GHB représente d’ailleurs 40% des cas d’intoxication. 

«On continue de suivre la situation. On a fait plusieurs actions en lien avec ça», affirme la Dre Nathanaelle Thériault, spécialiste en santé publique du CIUSSS de la Capitale nationale. 

Plusieurs mesures ont notamment été mises en place par le CIUSSS pour prévenir les surdoses.

«On a commencé à distribuer des dosettes, notamment pour mieux mesurer la quantité de GHB pour essayer de prévenir les surdoses chez nos utilisateurs. On a également augmenté la distribution de naloxone, qui est faite à l'intérieur du CIUSSS, pour mieux rejoindre nos clientèles», énumère la Dre Thériault. 

Pas d’amélioration avec le déconfinement

Alors que la province se déconfine, on pourrait croire que la situation reviendrait à la normale. Or, ce n’est pas le cas, et la situation inquiète les intervenants du milieu. 

«Ça ne va pas mieux. Je te dirais que, nous, on ne voit pas les conséquences positives à ça encore. On voit encore les gens en situation vraiment importante de désaffiliation, beaucoup de gens en itinérance. On le voit au centre-ville de Québec. On n'a jamais vu autant de personnes couchées à l'extérieur», constate Mario Gagnon.

«Juste en fin de semaine, j'ai eu deux déclarations de surdose. Donc, dans la région de Québec, on a renversé une vingtaine de surdoses qui auraient pu être mortelles. Donc, il y a encore des surdoses mortelles. La situation est loin d'être joyeuse», soutient M. Gagnon. 

Afin d’éviter que la situation s’aggrave davantage, les autorités misent sur la sensibilisation. 

«Il faut être particulièrement prudent en ce moment, réduire les quantités qu'on consomme, éviter de mélanger différents types de substance, conseille la Dre Thériault. C'est bien important de toujours avoir de la naloxone avec soi et de savoir l'utiliser, d'éviter de consommer seul, et bien sûr d'appeler rapidement le 911 en cas de surdose.»