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Les retrouvailles

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Hier, ma blonde et moi sommes partis tôt de Matane, où nous visitions sa famille. Je ne voulais surtout pas manquer une importante rencontre qui nous attendait à Québec.

De Montréal, ma sœur et son mari faisaient l’aller-retour pour confier leurs enfants à ma mère, venue du Lac-Saint-Jean pour les chercher. L’échange de prisonniers aurait lieu sur un balcon de Limoilou. Chez moi.

Ensemble 

Tout ce beau monde était isolé depuis des mois, ma sœur et sa famille dans un jumelé sur l’île, ma mère dans sa maison au bord du Piékouagami. Ils avaient fait la route sans s’arrêter pour permettre aux jeunes d’enfin respirer, de s’ennuyer à nouveau. La grand-mère n’en pouvait plus d’être privée de ses grands, dont elle aura manqué quelques pouces de croissance qui ne pourront pas être retrouvés.

Toute la matinée, j’imaginais trois points sur la carte du Québec qui, partant d’autant de lieux si importants de ma vie, convergeraient en un seul, ma maison. J’avais la gorge nouée par l’anticipation, juste d’imaginer que tout ce que j’ai et tout ce que j’aime allait bientôt se retrouver à sa place : ensemble.

Ma mère était déjà sur le balcon, lorsque je suis arrivé d’un côté et ma sœur de l’autre. Quand nous nous sommes tous vus, quand nous avons eu le si précieux luxe de tous nous avoir dans le même champ de vision, nous étions, sans pouvoir nous toucher, quand même liés dans le silence et l’émotion.

Un cœur rempli 

Certaines choses ne résistent pas aux directives de la santé publique. La grand-mère a pris son ado, sa grande fille puis son bambin dans ses bras. Et les larmes coulaient sur chacune de nos joues.

Le temps d’un café et de quelques verres d’eau à deux mètres de distance, puis de quelques consignes d’usage, pour bien se rendre compte que tout était normal et que rien n’avait changé, tout le monde a repris sa route.

Ma terrasse était vide à nouveau, deux points s’éloignaient sur la carte, mais mon cœur était plein.