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Acquitté de proxénétisme sur une jeune femme

Le juge a analysé la preuve de fond en comble pour en arriver au verdict

Denis Désiré
Photo Pierre-Paul Poulin Denis Désiré, un ancien responsable de la sécurité d’une polyvalente, était au palais de justice de Montréal lundi quand il a été acquitté de proxénétisme.

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Un ancien responsable de la sécurité d’une école secondaire qui a exercé un contrôle sur une jeune prostituée a tout de même été acquitté de proxénétisme, lundi, dans un jugement tout en nuance.

« Certains éléments démontrent le contrôle qu’il exerçait sur la plaignante, mais la preuve ne démontre pas pour quel genre d’activité ; c’est la réalité avec laquelle je dois composer », a déclaré le juge Pierre Labelle en acquittant Denis Désiré, lundi, au palais de justice de Montréal.

Désiré, 46 ans, est un ex-employé d’une polyvalente de Montréal. Il était accusé d’avoir profité d’une jeune femme de 18 ans qui vivait déjà dans le monde de la prostitution, vers la fin de 2017. La plaignante, dont l’identité est protégée, alléguait que Désiré l’avait incitée à se prostituer tant au Québec qu’en Ontario et dans les Prairies.

« Elle a eu une vie difficile, elle a été exploitée par des hommes pour le plaisir de ces derniers, a déploré le juge. Il s’agit de criminalité répugnante. »

Mais s’il ne fait aucun doute que la plaignante a été victime d’exploitation sexuelle, il n’a pas été prouvé que Désiré en était le responsable, a conclu le magistrat après avoir décortiqué toute la preuve présentée au procès.

Contradictions

D’abord, le juge a été confronté à plusieurs contradictions de la plaignante entre ses déclarations à la police et à la cour. 

Puis, même si la jeune femme avait bel et bien transféré 17 000 $ à l’accusé pendant qu’elle se prostituait en Alberta, les témoignages ont laissé croire qu’il s’agissait d’une dette en lien avec des achats par Désiré pour la plaignante, mais aussi pour réparer la voiture de l’accusé, que la jeune femme avait endommagée.

Restait ensuite à savoir si Désiré savait que l’argent recueilli provenait de la prostitution. Et, là encore, rien n’était moins sûr, car si l’accusé savait au moins que la jeune femme dansait nue dans des bars, la preuve ne démontrait pas hors de tout doute qu’il s’agissait de danses avec contacts ni qu’il savait qu’en plus, elle se prostituait.

Voies de fait

« Il y a eu des paroles dénigrantes quand elle ne rapportait pas d’argent », a toutefois noté le juge.

Par contre, si Désiré a été acquitté de proxénétisme, il a toutefois été déclaré coupable de voies de faits et de séquestration, pour un événement survenu en février 2018, quand sa voiture avait été endommagée par la plaignante. 

Il reviendra à la cour en septembre, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.

« Justice a été rendue », a simplement déclaré Désiré à la suite du verdict, tout en remerciant ses avocats Roucha Oshriyeh et Serge Lamontagne.


La Couronne a 30 jours pour faire appel, si elle estime que des erreurs ont été commises par le juge.