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De jeunes étudiantes coincées ici

La suspension des vols internationaux complique le retour de deux adolescentes d’Amérique du Sud

Isabella Baralt Sanchez et Julissa Osorio Jara portent leur veston orné des épinglettes qu’elles ont reçues pendant leur échange au Québec. Ni l’une ni l’autre ne savent quand elles pourront de nouveau serrer leurs parents dans leurs bras.
Photos Simon Clark Isabella Baralt Sanchez et Julissa Osorio Jara portent leur veston orné des épinglettes qu’elles ont reçues pendant leur échange au Québec. Ni l’une ni l’autre ne savent quand elles pourront de nouveau serrer leurs parents dans leurs bras.

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Deux étudiantes sud-américaines du secondaire ignorent quand elles pourront retourner chez elles en raison de la pandémie.

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Du haut de leurs 17 ans, Isabella Baralt Sanchez, du Venezuela, et Julissa Osorio Jara, du Pérou, s’attendaient à apprendre le français et à partager le quotidien des Québécois de leur âge pendant presque un an. C’était sans compter le coronavirus, qui a chamboulé leur échange et les a obligées à prolonger leur séjour indéfiniment dans la ville de Québec. 

« Je suis un peu gênée, parce que ce n’était pas le plan », avoue Isabella, dans un français aux accents québécois.

Son année scolaire à l’Académie Saint-Louis, comme celle de Julissa, a été brusquement interrompue, le 13 mars. 

Pire, son vol de retour prévu le 3 juillet a été annulé, et les liaisons aériennes avec la Colombie, où elle devra faire une escale avant d’arriver au Venezuela, ont été suspendues minimalement jusqu’au 31 août. Le gouvernement vénézuélien n’a pas démontré l’intention de rapatrier ses ressortissants du Canada, et son consulat n’a pas répondu à nos questions. 

Pas de vol

Julissa, du Pérou, ne sait pas non plus quand ou comment elle pourra retrouver ses proches étant donné que son vol de retour ne décollera pas. 

Le Pérou prévoit affréter un avion pour rapatrier ses ressortissants quand assez d’entre eux se seront montrés intéressés, indique le vice-consul Diego Rodriguez, sans préciser de date.  

« Au moins, je me sens en sécurité ici », dit Julissa, qui souffre d’asthme, soulignant le bon côté des choses. Son pays déplore plus de 10 000 victimes et 280 000 cas de COVID-19.

La pandémie a frappé alors que plus de 6000 étudiants d’échange du Rotary International, souvent mineurs, vivaient aux quatre coins du globe. L’organisation, qui fait la promotion de la paix dans le monde, a dû réagir rapidement. 

À Québec, le comité d’échange jeunesse, qui supervisait 17 étudiants québécois et autant d’étudiants étrangers, s’est résigné à leur recommander de rentrer chez eux autour du 20 mars.  

« On était un peu déchirés. Notre crainte, c’était de laisser partir un jeune et qu’il soit pris en transit à l’international », se rappelle Éric Melançon, coordonnateur des échanges du district de Québec. 

Pour Isabella et Julissa, il était déjà trop tard : le Venezuela et le Pérou avaient fermé leurs frontières respectivement le 12 et le 15 mars.

Heureusement, leurs familles d’accueil sont « très compréhensives », selon M. Melançon, et ont accepté de les héberger plus longtemps. 

Joséphine Labrie, qui partage sa chambre avec sa sœur d’accueil vénézuélienne depuis quelques mois, ne s’en plaint pas. « Isabella met de la vie dans notre confinement », se réjouit-elle. 

Situation angoissante

Même si les deux adolescentes sont épaulées par le Rotary dans leurs démarches pour renouveler leur visa et leurs assurances, la situation n’en est pas moins angoissante par moments.

« Je n’ai même pas 18 ans... C’est stressant », admet Isabella, qui devait commencer ses études en journalisme à l’automne au Venezuela. 

À cette incertitude s’ajoute le regret de ne pas avoir connu des moments importants de l’échange : le bal de finissants, le voyage à New York, et surtout, les au revoir à leurs amis québécois et étrangers. En attendant leur départ, les jeunes femmes espèrent au moins profiter de l’été québécois.

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