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Le port du masque réclamé dans les autobus scolaires

Cette mesure permettrait d’éviter de priver des milliers d’élèves de transport cet automne

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Des écoles publiques et privées réclament le port du masque dans les autobus scolaires où il est difficile de pratiquer la distanciation physique, ce qui permettrait d’éviter de priver des milliers d’élèves de transport lors de la rentrée cet automne.

• À lire aussi: Le masque sera obligatoire dans les transports en commun

Québec annoncera mardi que le masque sera bientôt obligatoire dans les transports en commun. Or, cette nouvelle mesure devrait également influencer le transport scolaire.

Le scénario de retour en classe dévoilé à la mi-juin prévoit une distance physique d’un mètre entre les élèves, ce qui permet d’asseoir un enfant par banc dans les autobus scolaires. 

Dans plusieurs autobus transportant des élèves du primaire, jusqu’à trois enfants pouvaient prendre place sur chaque banc, si bien que le nombre d’élèves transportés passera de 72 à 23 cet automne, soit une capacité d’accueil de 32%.

«Ce qu’on attend comme solution, c’est de rendre le masque obligatoire et de nous permettre de laisser tomber le mètre de distance. À deux élèves par banc, ça nous permettrait de transporter 85% de notre clientèle», fait valoir Jean-François Houle, directeur du transport scolaire au Centre de services scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud de Québec.

La demande est la même du côté de la Fédération québécoise de direction des établissements d’enseignement (FQDE). «On demande juste les mêmes règles que dans le transport en commun», fait valoir son président, Nicolas Prévost.

L’organisation du transport scolaire représente «l’embûche majeure» à laquelle fait face le réseau scolaire en vue de la rentrée, ajoute-t-il.

À la Fédération des établissements d’enseignement privés, on considère même que les règles en place mettront encore davantage les jeunes à risque, puisqu’ils seront plus nombreux à prendre le transport en commun.

«Si la moitié de nos élèves ne peuvent pas prendre le transport scolaire, ils vont se rabattre sur le transport en commun, où il y aura encore moins de contrôle sur leur comportement et où ça va être encore plus difficile de retracer les contacts s’il y avait des cas d’infection», affirme son président, David Bowles.

À Longueuil, où est situé l’établissement dirigé par M. Bowles, on estime que 2000 élèves du privé devront prendre le transport en commun cet automne, sans compter ceux du public. «On ne comprend pas du tout, il y a une incohérence», ajoute-t-il.

À la Fédération des centres de services scolaires, on indique que les règles sanitaires actuelles posent «un énorme défi logistique». Certains centres de services devront réduire leur offre de transport scolaire cet automne (voir encadré). 

Des élèves ne pourront plus être transportés par autobus, alors que d’autres devront partir plus tôt de la maison et revenir plus tard, puisque des trajets devront être ajoutés.

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on indique être en «contact constant» avec les autorités de santé publique «afin de voir si des assouplissements sont possibles».

«Nous espérons une réponse positive à cet effet de leur part, compte tenu de l’amélioration de la situation épidémiologique globale».

Il n’a pas été possible d’avoir de commentaires à ce sujet auprès du ministère de la Santé lundi. 

De son côté, le réseau scolaire espère une réponse rapide, si un assouplissement devait être décrété. 

«Si les paramètres changent, il ne faut pas le savoir à la mi-août, parce qu’on ne pourra pas être prêt pour la rentrée. Habituellement, ça nous prend trois mois pour organiser le transport scolaire», affirme Jérôme L’Heureux, responsable du transport scolaire au Centre de services scolaire de la Beauce-Etchemin, où 13 600 élèves de 55 municipalités montent habituellement à bord des autobus jaunes chaque jour.

– Avec la collaboration de Geneviève Lajoie

Changements envisagés dans le transport scolaire cet automne pour répondre aux consignes sanitaires dévoilées à la mi-juin: 

Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries

Modifications d’horaires:  

  • Premier départ à 6h30 plutôt que 7h pour des élèves du primaire. 
  • Retour en fin de journée à 18h pour des élèves du secondaire. 
  • Aucun transport scolaire le midi.  

Centre de services scolaire de la Beauce-Etchemin 

  • Pas de transport scolaire pour les élèves situés près de l’école: 
  • À 1,6 kilomètre pour ceux du primaire. 
  • À 2 kilomètres pour ceux du secondaire. 
  • Modifications d’horaires envisagées pour permettre plusieurs trajets.  

Centre de services scolaire des Navigateurs 

  • Dans les cas de garde partagée, une seule adresse pourra être desservie. 
  • Les élèves qui ne sont pas inscrits à l’école de leur quartier n’auront pas accès au transport scolaire.  

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