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Les demandes d’aide pour trouver un logement explosent

La valse des déménagements a débuté cette fin de semaine au Québec. À l’instar de ces déménageurs croisés sur la rue Richelieu, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, ils seront des milliers à changer d’adresse dans les prochains jours.
Photo Annie T. Roussel La valse des déménagements a débuté cette fin de semaine au Québec. À l’instar de ces déménageurs croisés sur la rue Richelieu, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, ils seront des milliers à changer d’adresse dans les prochains jours.

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La pression s’accentue sur les locataires en quête d’un logement à l’approche du 1er juillet. Ils sont près de trois fois plus à avoir sollicité de l’aide pour se trouver un nouveau logement, un problème accentué par les contraintes liées à la COVID-19 et qui inquiète des organismes communautaires.

• À lire aussi: Un défi de taille pour les déménageurs cette année

L’an dernier, l’Office municipal d’habitation de Québec (OMHQ) avait aidé 77 ménages à se dénicher un logement, bien souvent à la dernière minute. Cette année, les appels à l’aide ont explosé, alors qu’ils ont été 225 à quérir un coup de main de l’organisme public.

«Plus de 90 % des cas sont réglés», lance, optimiste, le directeur général de l’OMHQ, Claude Foster. 

«Il y a une dizaine de dossiers où on cherche encore des solutions, précise-t-il. Dans certains cas, peut-être qu’on ne réglera pas le cas pour se loger, mais ils auront une option, comme un aidant naturel ou la famille.» 

Cette hausse fulgurante de demandes témoigne de la précarité des locataires dans les quartiers centraux de Québec, où la «situation de rareté» des logements empire d’année en année, affirme la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme.

«[Ces demandes], c’est ceux qui se sont manifestés, mais d’autres ne connaissent pas ce service-là et craignent quand même de se retrouver à la rue, avance-t-elle. Ceux qui sont affectés le 1er juillet, c’est la pointe de l’iceberg.»

Sur le sofa

Dormir sur un sofa chez un parent. Être hébergé d’urgence dans une chambre d’hôtel. Continuer d’éplucher les annonces. S’ils sont près d’une vingtaine à Québec, ils sont environ 350 ménages à travers le Québec qui sont sans logement à trois jours du 1er juillet.

L’organisateur communautaire Jonathan Carmichael affirme qu’« il faut reculer loin dans le temps » pour voir autant de demandes d’aide formulées. Quant aux cas considérés « réglés », « il faut se méfier », dit-il.

« Pour l’Office, un cas réglé, c’est un cas qui ne sera pas à la rue le 1er juillet. Ils sont 17 en recherche de logement, mais 29 qui sont en situation alternative. Ils ne sont peut-être pas à la rue parce qu’ils dorment sur le divan de la belle-mère, mais ils se cherchent encore un logement », clarifie celui qui travaille au Bureau d’animation et d’information logement du Québec métropolitain.

Encore la COVID-19

Comme n’importe quoi, le marché locatif a aussi subi les frais de la crise : visite virtuelle, moins de temps pour chercher, diminution des revenus, précarité financière et sociale. « La pandémie a accentué la pression sur la période du 1er juillet, résume Véronique Laflamme. Une chose est sûre : chaque fois qu’il y a une récession, ce qu’on peut penser qui va arriver, le nombre de ménages locataires en difficulté explose. Leur capacité de payer est mise à mal. »

La crise s’ajoute à une tendance qui s’alourdit « depuis trois ans », s’inquiète Marc Cloutier, directeur général de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) de Québec. « Le taux d’inoccupation baisse d’année en année. Si on fait l’équation, un taux d’inoccupation à la baisse veut dire une augmentation des prix », pointe-t-il.

Les effets à terme de la crise sur le marché locatif restent à être mesurés, rappelle la porte-parole du FRAPRU, qui évoque le possible ralentissement de chantiers de logements sociaux ainsi que le ralentissement du flux migratoire.

« Tout ça a des impacts sur la disponibilité. C’est encore tôt pour savoir l’impact réel », conclut-elle.

Plus difficile de se loger à Québec 

► Demandes d’aide pour trouver un logement 

  • 2018 : 34 
  • 2019 : 77 
  •  2020 (à ce jour) : 225  

► Taux d’inoccupation, Ville de Québec 

  • 2019 : 3,3 % 
  • 2020 : 2,4 %  

► Taux d’inoccupation en Basse-Ville 

  • 2,4 % € 2019      
  • 1,8 % € 2020  

► Taux d’inoccupation en Haute-Ville 

  • 2,5 % € 2019    
  • 1,7 % € 2020  

► Le point d’équilibre est de 3 % selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Sources : OMHQ, FRAPRU, SCHL

– Avec la collaboration de Dominique Scali