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Maibec part à la conquête de l’Ouest

L’entreprise a l’intention d’acheter bientôt au moins une usine dans cette région du pays

Maybec
Photo courtoisie, Maibec Le grand patron de Maibec, Patrick Labonté (à droite), en compagnie de Charles Tardif, v.-p. Développement des affaires et Approvisionnement, sur le site de l’immense usine de CanExel, en Nouvelle-Écosse, qui est devenue propriété de Maibec la semaine dernière.

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La plus grande acquisition de son histoire maintenant réalisée, la société Maibec, spécialisée dans le revêtement extérieur de bâtiments, part à la conquête de l’Ouest avec l’ambition avouée de devenir avant longtemps le leader nord-américain de l’industrie.

Méconnue de la majorité des Québécois, l’entreprise de pas moins de 750 employés au Canada et aux États-Unis n’en demeure pas moins une entreprise de transformation du bois de premier plan dans la région de Chaudière-Appalaches, qui l’a vue naître en 1946. 

C’est à elle que l’on doit, entre autres, les fameux bardeaux de cèdre blanc qui habillent une forte proportion des résidences ou villas côtières typiques du Nord-Est américain (Maine, Massachusetts, etc.). 

En plus d’être devenu le plus important manufacturier de bardeaux de cèdre blanc de l’est du continent, Maibec est aussi le plus important fabricant de revêtement de bois et le plus important producteur de paillis de cèdre au pays. 

Acquisition en Nouvelle-Écosse

Au cours des derniers jours, l’entreprise dirigée de Lévis a réalisé l’acquisition de la marque, de l’usine et de l’ensemble des actifs liés à la fabrication et à la vente du CanExel, un revêtement extérieur de renom particulièrement prisé des constructeurs au Québec. 

«Si on exclut les constructions de briques et de pierres, je dirais que le CanExel recouvre la moitié de l’ensemble des maisons construites chaque année au Québec», affirme le PDG de Maibec, Patrick Labonté.

Ce dernier n’est pas peu fier de la conclusion de cette transaction. Annoncée en février, celle-ci aurait pu facilement déraper en raison des bouleversements de tout genre provoqués par la pandémie de la COVID-19. 

Même maintenant, son patron refuse de dévoiler ce qu’il en aura coûté à Maibec pour acquérir CanExel de l’américaine Louisiana-Pacific Corporation. Mais la superficie de l’usine d’East River en Nouvelle-Écosse (275 000 pi2), le nombre d’employés (170) et sa capacité de production annuelle (42 millions de pi2) suffisent pour saisir son importance.

L’Alberta ou la Colombie-Britannique

C’est avec cette dernière acquisition en poche que l’entreprise fondée par la famille Tardif en 1946 entend poursuivre sa croissance, cette fois vers les provinces de l’Ouest canadien. 

Assez rapidement, «d’ici 12 à 18 mois», M. Labonté prévoit acquérir une ou plusieurs nouvelles unités de production dans la région, ce qui lui permettrait de mieux desservir les marchés convoités de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

Loin d’être une fuite irréfléchie vers l’avant, cette croissance aurait davantage à voir avec le désir de survie de l’entreprise qui, après avoir exploité des scieries pendant des années, a fait le pari il y a deux ans de se concentrer uniquement sur la transformation du bois à valeur ajoutée.

Dans le monde d’aujourd’hui, les grands distributeurs (Canwel, Taïga, Goodfellow, etc.) et détaillants (Home Depot, Home Hardware, Lowes, etc.) du secteur de la rénovation recherchent des fournisseurs capables de desservir l’ensemble du pays, plutôt que quelques provinces seulement, explique Patrick Labonté.

Croître ou disparaître

Faire fi de cette réalité, selon Maibec, est se condamner à disparaître à moyen terme. De là sa décision de vendre deux scieries au Groupe Lebel en 2018, d’acheter deux usines de transformation à Saint-Pamphile et à Boston la même année et de faire l’acquisition en 2019 d’une usine de séchage à L’Islet.

L’acquisition de CanExel, en Nouvelle-Écosse, constitue un pas de plus vers son objectif de devenir le leader nord-américain de systèmes de revêtement extérieur personnalisé. 

L’entreprise s’est donné un plan de cinq ans pour le réaliser, ou du moins s’en rapprocher. Elle en est à sa deuxième année. 

Si tout va comme elle l’espère, ses ventes passeront alors du simple au double pour excéder les 200 millions de dollars. 

Maibec en bref :

-Fondation : 1946

-Siège social : Lévis

-Employés : 750 au Canada et aux États-Unis.

-Neuf usines au Québec, Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et aux États-Unis.

-Chiffre d’affaires : près de 100 millions $ 

-Actionnariat: Gestion Tardif (la famille Tardif) et Fonds de solidarité du Québec (FTQ)

Source : Maibec et Registraire des entreprises