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Une bleuetière en difficultés financières demande qu’on soit compréhensif avec elle

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Une bleuetière de la Côte-Nord au bord de la faillite réclame plus de temps pour payer une importante dette à Financement agricole Canada.

Pascal Grenier estime que Financement agricole Canada aurait dû lui laisser plus de temps pour rembourser un montant de 700 000$ avant de saisir ses biens.

«On a été pris comme des animaux. Ils ont fait venir la police, ils ont cogné dans les fenêtres, dans les portes, comme si on avait tué plusieurs personnes en même temps», raconte le copropriétaire de Bleuets Grenier et fils, au sujet de la venue des personnes mandatées par un huissier pour saisir ses biens dimanche.

Cette histoire commence quand l’entreprise a emprunté des centaines de milliers de dollars à Financement agricole Canada pour deux projets liés au développement de la production de bleuets sauvages qui n’ont jamais abouti. Incapable de rembourser sa dette, l’entreprise nord-côtière a choisi de vendre ses bleuetières de Longue-Rive et de Port-Cartier pour remettre une partie de son dû, soit 700 000$, à Financement agricole Canada.

«Fait que là, on a été obligés d’y aller à l’extrême, ça a été le scénario de, tant qu’à tout perdre et être dans la rue, on est aussi bien de tout vendre, de limiter et de ne pas être dans la rue. Alors on s’est dit: "ben, de la marde, on vend tout"», confie M. Grenier.

Bleuets Grenier et fils avait jusqu’au 31 mai pour faire le paiement à partir de la vente des deux bleuetières. Mais l’acheteur, l’entreprise Atocas Bédard, s’est désisté à la dernière minute, un geste qualifié de «quasiment malhonnête» par l’avocat de Pascal Grenier, Me Pierre Hébert.

Une affirmation que le copropriétaire d’Atocas Bédard, Patrick Bédard, accueille avec scepticisme.

«Je pense que je ne suis pas le premier à avoir mis une clause dans un contrat. Le contrat avait été lu et compris par l’avocat Me Hébert, et les Grenier également, donc il n’y avait rien de nouveau là-dedans», défend Bédard.

De son côté, Financement agricole Canada ne commentera pas le dossier pour des raisons de confidentialité. Mais l'organisme reconnaît que, de manière générale, lorsqu’elle doit mettre fin à une relation d’affaires, la situation est difficile pour tout le monde.