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Le Cirque et l’épée de Damoclès de la faillite

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Bien que le Cirque du Soleil se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, ses trois actionnaires n’ont pas pour autant jeté l’éponge.

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Grâce à qui ? Au gouvernement Legault, qui a décidé de les appuyer financièrement. 

Dans une ultime tentative de garder le contrôle du Cirque, le consortium composé de TPG, Fosun et la Caisse de dépôt et placement propose d’injecter 300 millions de dollars américains (environ 409 M$ CA) dans le Cirque tout en cédant aux créanciers garantis 45 % des actions du fleuron du spectacle.  

Fait majeur : Québec leur avance les deux tiers de la mise de fonds, soit 200 millions de dollars américains (un peu plus de 273 M$ CA) de fonds publics, par l’entremise d’un prêt. On parle ici d’un prêt à des fonds étrangers (TPG et Fosun) qui « contrôlent » le Cirque depuis des filiales enregistrées dans les îles Caïmans. Ouf ! 

  • Réécoutez la chronique de Michel Girard sur QUB radio:

RIEN D’ACQUIS

Cela dit, pour montrer le « sérieux » du consortium dans cette ultime tentative, leur offre fait partie intégrante d’une « Convention d’achat visant à établir une offre minimale acceptable » dans le cadre d’un processus supervisé par le tribunal.  

« La Convention comprend des engagements clés pour le Québec, les employés affectés et les entrepreneurs indépendants... », précise le Cirque du Soleil, dont les administrateurs souhaitent manifestement que le fleuron reste propriété du consortium actuel.

En effet, il y a loin de coupe aux lèvres. 

Il faut s’attendre à ce que d’autres groupes présentent vraisemblablement des offres d’achat. 

Mon collègue Jean-François Cloutier rapportait récemment qu’un groupe mené par le fonds torontois Catalyst Capital Group avait l’intention de déposer une offre pour mettre le grappin sur le Cirque.  

Au sein de ce groupe, on retrouverait les fonds américains Providence Equity’s Benefit Street Partners, Shenkman Capital, Blue Mountain, Fidelity et Todd Boehly, actionnaire des Dodgers de Los Angeles.

Selon les informations recueillies par Cloutier, l’offre devait porter, elle aussi, sur une injection de 300 millions $ US d’argent frais dans le Cirque. De plus, le groupe de Catalyst proposerait de convertir environ 900 millions $ US (1,2 milliard $ CA) de dette du Cirque en actions.

Contrairement au consortium TPG-Fosun-Caisse, le groupe d’investisseurs de Catalyst n’aurait pas besoin, lui, des 200 millions $ US du gouvernement Legault pour racheter le Cirque.

En dépit de cela, lui aussi conserverait le siège social du Cirque à Montréal et réembaucherait nombre d’employés mis à pied.  

DES BONBONS

Pour montrer à quel point la convention d’achat du trio TPG-Fosun-Caisse est intéressante, la direction du Cirque tient à souligner la création d’un fonds de 15 millions $ US (20,5 M$ CA) qui sera dédié aux employés mis à pied et un autre fonds de 5 millions $ US (6,8 M$ CA) pour payer les artisans et artistes indépendants. 

Rappelons que le gros problème de surendettement du Cirque est grandement attribuable au trio TPG-Fosun-Caisse qui a surendetté le Cirque pour financer une large portion du coût d’acquisition.