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Les patients cardiaques plus à risque de mourir

Plusieurs facteurs contribuent aux décès causés par la COVID-19

CHSLD Vigi Reine-Élizabeth
Photo d’archives, Chantal Poirier Jusqu’à maintenant, la pandémie a entraîné la mort de 5485 personnes au Québec, en large partie chez les personnes âgées, dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

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Les maladies cardiaques, l’hypertension, le diabète et les maladies respiratoires sont les principaux facteurs qui ont accru le risque de mourir de la COVID-19 au Québec.

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C’est la première fois depuis le début de la pandémie qu’on obtient des chiffres aussi précis sur les facteurs de risque chez les personnes décédées du coronavirus au Québec.

Les données ont été fournies par le ministère de la Santé à la suite d’une demande d’accès à l’information de notre Bureau d’enquête. 

Elles sont tirées des formulaires remplis par les médecins lors de chacun des décès causés par la COVID-19, entre le mois de mars et le 2 juin dernier.

En tête de liste, on retrouve les maladies cardiovasculaires comme principal facteur de risque. Elles sont mentionnées comme cause supplémentaire de décès dans 12,1 % des morts attribuables au coronavirus. 

Suivent l’hypertension (11,2 %), puis le diabète (7,3 %), et ensuite les maladies respiratoires (7,2 %).

On note aussi que les « troubles neurologiques ou neuromusculaires », une appellation très large, sont cités dans 9,6 % des cas.

Précisons que les médecins ne sont pas obligés d’ajouter un facteur de risque ou une condition préexistante lorsqu’ils remplissent le formulaire de décès. 

Dans la majorité des cas, soit 81 % des formulaires, ils n’en mentionnent d’ailleurs aucun, selon le ministère de la Santé.

Pas une surprise

Mais, de façon générale, ces données ne constituent pas une surprise. 

Elles ressemblent à celles des études déjà publiées ailleurs dans le monde à ce sujet.

Les médecins pratiquant sur le terrain ne sont pas non plus étonnés. C’est le cas du Dr Michel De Marchie, intensiviste à l’Hôpital général juif de Montréal. 

« Le diabète, les maladies cardiovasculaires sont très importants, probablement les deux facteurs les plus importants. À ça, on ajoute l’hypertension, et je pense que c’est une trilogie indéniable », a-t-il dit en entrevue.

Post-partum

Par ailleurs, le document du ministère de la Santé contient une donnée surprenante. Le facteur de risque « post-partum < = 6 semaines », c’est-à-dire une femme ayant accouché il y a six semaines ou moins, est associé à 0,1 % des cas.

En d’autres mots, au moins une femme serait décédée de la COVID-19 au Québec après avoir accouché, selon les données du ministère.


► Causes supplémentaires de décès attribuables à la COVID-19

  • Maladies cardiovasculaires : 12,1 % 
  • Hypertension : 11,2 % 
  • Troubles neurologiques ou neuromusculaires : 9,6 % 
  • Diabète : 7,3 % 
  • Maladie respiratoire : 7,2 % 
  • Maladie du rein : 5 % 
  • Cancer : 4,4 % 
  • Obésité sévère : 1,5 % 
  • Maladie hépatique : 1,1 % 
  • Tabagisme : 0,9 % 
  • Post-partum : < = 0,1 %  

*Source : ministère de la Santé et des Services sociaux.

– Avec la collaboration de Philippe Langlois