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Le Québec se déconfine: «On joue avec le feu!»

Un relâchement du respect des règles sanitaires s’observe de plus en plus

Lors du passage du Journal au Roulodrome de L’Ancienne-Lorette
Photo Diane Tremblay Lors du passage du Journal au Roulodrome de L’Ancienne-Lorette, on comptait 15 personnes alors que la limite permise est de 10.

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À Québec, comme à Montréal, on constate un relâchement au niveau du respect des règles et de l’application des recommandations visant à se protéger de la COVID-19.

Premier arrêt au Roulodrome de L’Ancienne-Lorette. Il fait beau et les amateurs de skate sont au rendez-vous.

Malgré une affiche installée à l’entrée indiquant qu’un maximum de 10 personnes sont autorisées dans le parc, Le Journal en dénombre 15 dont un parent assis sur un banc qui assiste aux acrobaties des plus téméraires.

Avec le va-et-vient des skateurs, difficile de respecter les deux mètres de distanciation.

«C’est sûr qu’on est proche, mais tout le monde se tient dans son coin un peu. Les plus jeunes sont moins conscients. On fait attention quand même. On apporte chacun nos bouteilles d’eau», confient Olivier Martel et Manuel Maga qui semblent les plus vieux du groupe.

Ces deniers affirment qu’un agent de sécurité passe plusieurs fois par jour pour faire le décompte afin de faire respecter le règlement.

Au Costco de Sainte-Foy, la règle du 2 mètres n’était pas toujours respectée.
Photo Diane Tremblay
Au Costco de Sainte-Foy, la règle du 2 mètres n’était pas toujours respectée.

Sur les talons

Deuxième arrêt, le magasin Walmart de l’avenue Jules-Verne. La file pour entrer dans le magasin est rapide.

Cela n’empêche pas un client impatient d’aller faire ses emplettes de rentrer un peu trop dans la bulle de la représentante du Journal qui lui jette un regard sec. Le message est reçu. Il se décolle un peu.

Désinfection des mains et à l’assaut du marché alimentaire. Même s’il y a une bonne foule à l’intérieur, les clients respectent le sens des flèches dans les allées. Aux caisses, chacun garde ses distances, mais une minorité de clients portent le masque.

«On voit que les gens sont beaucoup moins nerveux qu’avant», observe Diane Côté, une cliente rencontrée à la sortie du magasin.

Cette opinion est partagée par plusieurs autres personnes.

«Les gens portent de moins en moins le masque. Peut-être qu’ils se disent que le virus est passé et que la vie continue», poursuit Alexia.

Le relâchement est peut-être dû au fait que les gens sont moins nerveux qu’avant, comme le souligne une cliente du Walmart, Diane Côté.
Photo Diane Tremblay
Le relâchement est peut-être dû au fait que les gens sont moins nerveux qu’avant, comme le souligne une cliente du Walmart, Diane Côté.

Une longue file

En route pour le Costco. À quelques heures du long congé de la fête du Canada, la file d’attente à l’extérieur s’étire sur plusieurs dizaines de mètres.

Contrairement au Walmart, plusieurs portent un masque. À l’intérieur, c’est surtout la section des vêtements où la règle des deux mètres n’est pas toujours respectée. De plus aux caisses, c’est un peu le bordel.

Petite question en sortant à un employé pour savoir s’il y a un décompte du nombre de personnes à l’intérieur. La réponse est affirmative.

Ghislain Alain, qui faisait des emplettes avec sa conjointe, constate un relâchement depuis quelques semaines.

«Non seulement il y a un relâchement, mais il n’y a jamais vraiment eu beaucoup d’adhésion au port du couvre-visage. C’est encore moins qu’avant qui n’était déjà pas beaucoup.»

Le virus toujours présent

M. Alain préfère rester prudent en suivant les directives de santé publique.

«C’est un virus qu’on ne connaît pas. C’est toujours mieux d’être plus prudent», dit-il.

«Je trouve que les gens ont l’air moins sur leur garde. Le lavage des mains semble acquis, mais pour le port du masque, il y a plusieurs écoles de pensée», ajoute pour sa part Valérie Lavoie, en quittant le Costco.

Assis dans son VUS en attendant sa conjointe, Pierre Vaillancourt affirme que le déconfinement ne doit pas dire relâchement.

«Oui, c’est vrai qu’il y a un grand relâchement. C’est comme si la pandémie n’existait plus. Moi, je ne mets pas de masque, mais je me tiens loin. Je pense que le monde joue avec le feu», remarque-t-il.