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Un cadeau de Julie Payette

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Doit-on à la pandémie d’avoir enfin une gouverneure générale à « hauteur d’homme » ? À moins qu’on le doive simplement à la femme modeste et chaleureuse qu’est Julie Payette.

Ce n’est pas facile de rester soi-même quand on accède à cette fonction hautement honorifique. Pas facile non plus de plaire à tout le monde. On a jugé sévèrement Adrienne Clarkson et Michaëlle Jean pour des initiatives et des dépenses jugées extravagantes. Quant à Julie Payette, on s’est plaint de l’inverse ! 

On a jugé qu’elle ne voyageait pas assez au Canada et qu’elle « faisait » plus astronaute que gouverneure générale. Sa tendance à simplifier la vie de Rideau Hall et à ignorer des traditions vieillottes, semblant attachées pour toujours à la fonction, lui ont valu les critiques de quelques pisse-vinaigre plus royalistes que la reine elle-même.

Je ne connais Julie Payette que par ses apparitions publiques. Et, depuis la pandémie, par les conversations qu’elle a en ligne avec des personnalités ou de simples finissants du secondaire. Hier, son entretien avec Patrick Huard et Colm Feore, les inoubliables policiers David Bouchard et Martin Ward de Bon Cop, Bad Cop, valait le détour. Ces demi-heures, la première en français et l’autre en anglais, sont disponibles sur le site de la gouverneure générale, sur Twitter, Instagram, Facebook ou YouTube.

LES SPECTATEURS SONT ESSENTIELS

Les deux vedettes ont affirmé à la gouverneure qu’on ne peut pas réinventer le spectacle vivant qui ne saurait exister sans spectateurs. L’artiste a besoin des spectateurs comme ils ont besoin de l’artiste. Au demeurant, ni Patrick ni Colm ne se verraient jouer devant des spectateurs masqués. 

Même si quelques humoristes et chanteurs commencent une tournée des cinéparcs, même si des théâtres et des salles de concert préparent des spectacles respectant la distanciation, sur scène comme dans la salle, Huard et Feore n’y croient pas. S’ils sont si pessimistes quant à la reprise des spectacles, Julie Payette, scientifique de profession, a confiance qu’on trouvera sous peu un vaccin ou un médicament efficace contre le coronavirus.  

D’après Patrick Huard, la longue pause actuelle obligera le tiers des artistes et des artisans à abandonner le métier, ce qui constituera une perte irréparable. « Pire encore, dit-il, la moitié des projets que nous avions ne verra pas le jour ».

UN SCOOP POUR LA GOUVERNEURE 

Heureusement, il y aura Bon Cop, Bad Cop 3 ! Patrick a été plus loquace que d’habitude sur son projet, y allant même d’un scoop pour la gouverneure. Les scénaristes ajouteront au duo un troisième policier, d’origine autochtone celui-là. À voir le plaisir de Colm Feore et de Patrick lorsqu’ils en parlent, ce troisième film promet.

Mais on est loin du premier tour de manivelle. Pour Bon Cop, Bad Cop comme pour les autres productions. Si Fabienne Larouche n’a pas repris le tournage de District 31 comme elle l’espérait, c’est que les compagnies d’assurances refusent de protéger contre la COVID-19. Une seule éclosion sur un lieu de tournage pourrait ruiner un producteur et même un diffuseur. Sans compter les éventuelles poursuites civiles.

L’industrie espère donc qu’un fonds d’indemnisation spécial de 100 millions $, garanti par le fédéral, verra le jour très rapidement. Si Julie Payette avait quelque pouvoir, elle l’offrirait comme cadeau de la fête du Canada, plutôt qu’une simple conversation, si intéressante soit-elle, avec deux de nos meilleurs artistes !