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Pas de logement à cause de la pandémie

Karine Couture. La maison qu’elle se fait construire ne sera pas prête avant le 31 août.
Photo Ben Pelosse Karine Couture et sa famille ont appris la semaine dernière que la construction de leur nouveau logement à Repentigny ne sera achevée avant le 31 août.

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Une locataire de Repentigny est frustrée de ne pas pouvoir déménager comme prévu jeudi en raison des retards sur les chantiers de construction causés par la pandémie de COVID-19.

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« Si je quitte, je suis dans la rue. J’ai nulle part où aller », lâche Karine Couture.

La femme de 41 ans, son conjoint et ses trois enfants devaient emménager dans un nouvel appartement jeudi à Repentigny, sur la Rive-Nord. Cependant, la pandémie est venue bouleverser ses plans. 

« J’ai appris à la dernière minute, le 28 juin, que mon nouveau logement était encore en construction et qu’il ne sera pas prêt avant le 31 août. J’avais des déménageurs et tout était prêt pour sortir le 2 juillet », explique la femme qui travaille dans le commerce de détail.  

À court d’options, Mme Couture a choisi de demeurer dans l’appartement où elle réside depuis quatre ans, même si son bail a pris fin le 30 juin. La propriétaire, mécontente de la situation, l’a convoquée devant la Régie du logement, afin qu’elle quitte les lieux le plus tôt possible. 

« [On] m’a conseillé de rester jusqu’au 31 août puisque je n’aurai probablement pas mon audience avant cette date. On veut que j’endure des huissiers et plein d’affaires juste parce que les mesures vont être longues. J’en revenais pas ! » soutient Mme Couture. 

« Je me sens comme une squatteuse. »

En avril, le gouvernement a annoncé qu’il allait venir en aide aux personnes qui se retrouveraient sans toit à cause des retards dans le secteur de la construction. 

« En attendant, on m’offre de vivre à l’hôtel ou dans un chalet. Avec les deux chiens et les enfants, un hôtel, ce n’est tout simplement pas envisageable et des chalets, il n’y en a pas à Repentigny », assure Mme Couture. 

« À travers les mailles »

Pour Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain, qui défend le droit au logement, cette situation révèle un problème plus grand. 

« Il y en a plusieurs qui passent à travers les mailles du programme annoncé par le gouvernement », affirme-t-elle. 

« Ça fait de nombreuses années qu’on n’a pas vu un 1er juillet aussi difficile. La pandémie vient vraiment accentuer la crise du logement actuelle dans un contexte où c’est déjà difficile de trouver un endroit où habiter », ajoute Mme Laflamme. 

À la suite des appels du Journal, la Société d’habitation du Québec a contacté Karine Couture pour essayer de lui trouver un logement d’appoint.