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Le masque boudé dans les autobus à Québec

Seulement 27% des usagers portaient un couvre-visage, qui deviendra pourtant obligatoire le 13 juillet

masques RTC autobus
Photo Simon Clark Une dame montrant l’exemple en portant un masque, hier, contrairement aux deux autres usagers derrière qui n’en avaient pas. Le Journal a cependant remarqué que certains usagers enlevaient leur masque une fois à l’intérieur.

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Il y aura fort à faire pour que l’ensemble des usagers des transports en commun à Québec portent le masque d’ici le 13 juillet, jour où il sera obligatoire, et il ne faut pas compter sur les chauffeurs pour «jouer à la police».

• À lire aussi: Legault accusé d’avoir trop attendu

Au lendemain de l’annonce de François Legault de rendre obligatoire le port du couvre-visage dans les transports en commun, Le Journal a effectué une tournée dans les autobus pour voir combien de gens le portent déjà.

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Photo Simon Clark

Force est d’admettre qu’encore très peu de gens ont pris de l’avance sur l’échéance du 13 juillet.

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Photo Simon Clark

Lors d’un échantillonnage non scientifique fait sur le parcours Métrobus 801 entre Charlesbourg et l’Université Laval, Le Journal a observé que seulement 27 % des usagers portaient un couvre-visage lors du trajet.

La grande majorité des gens sur le traversier n’avaient pas de masques.
Photo Nicolas Saillant
La grande majorité des gens sur le traversier n’avaient pas de masques.

Sur 103 personnes qui sont montées à bord du trajet aller-retour, seulement 28 personnes portaient un masque.

De ce nombre, plusieurs usagers n’ont pas respecté à la lettre la recommandation.

Une jeune femme l’a notamment enlevé quelques secondes après son entrée. «Il faisait chaud, disait Marie-Julie, ça dépend de combien il y a de monde.»

Le masque est surtout porté par les personnes plus âgées, mais parfois que partiellement. Une femme l’avait sous le nez, alors qu’un homme embarqué quelques arrêts plus tard avait son masque sous son menton.

Pas intéressé à jouer à la police

Une mère et ses jumeaux de neuf ans portaient quant à eux une protection. «C’est presque un jeu pour eux, ils ont choisi leur couleur», disait Nadia.

Lors de son annonce, le premier ministre a indiqué «qu’il n’y aura pas de police» pour gérer les entrées sans masque dans les transports en commun. C’est pourtant ce qui inquiète les chauffeurs d’autobus avec qui Le Journal s’est entretenu.

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Photo Simon Clark

Si le Syndicat des employés du RTC n’a pas encore voulu réagir, ses membres semblent sans équivoque: «Non, je ne ferai pas la police».

Sans être nommé, l’un des chauffeurs a accepté de donner son avis.

«Selon mon sondage maison, je n’ai pas parlé à un chauffeur qui va faire la police», disait celui qui a pris le pouls de plusieurs collègues depuis l’annonce.

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Photo Simon Clark

«Ça amène des interactions. On va se pogner avec tout le monde. À chaque fois qu’on intervient, le ton monte tout de suite», indique celui qui compose quotidiennement avec des insultes verbales.

Chez les chauffeurs de taxi, plusieurs ont installé des plexiglas dans leur voiture depuis le début de la pandémie. «Je ne les obligerai pas, disait Sam, mais s’il tousse, il va rester dehors.»

Rares sur les traversiers

Les traversiers du Québec sont aussi inclus dans la directive qui sera mise en place le 13 juillet. Or, seule une faible minorité d’usagers avaient un masque sur le Alphonse-Desjardins lors de la traversée du fleuve aller-retour, hier midi. 

Outre un homme qui a enlevé son masque sur le pont parce que «trop chaud», seule une famille avait des couvre-visage.

Yannick Marchesseault et ses enfants sur le traversier entre Québec et Lévis.
Photo Nicolas Saillant
Yannick Marchesseault et ses enfants sur le traversier entre Québec et Lévis.

«C’est plus un symbole; nous, on fait attention», disait Yannick Marchesseault avec ses trois enfants.

Là encore, les employés étaient plutôt réfractaires. «Ça intéresse personne de faire la police», a lancé un employé.