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Les raccourcis intellectuels de Dominique Anglade

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark Dominique Anglade

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Le philosophe Alfred North Whitehead disait : « Il faut un esprit très particulier pour entreprendre l’analyse de ce qui est évident ».

Si le commun des mortels examinait ce qui lui semble évident, il s’apercevrait en effet... que cela n’a souvent rien d’évident.

La nouvelle cheffe du PLQ, Dominique Anglade, dit ne pas comprendre pourquoi François Legault « s’entête » à nier qu’il y a du racisme « systémique » au Québec.

Elle ajoute :

« Il a une manière bien particulière de définir la chose, qui ne reflète en rien ce que les experts vont vous dire (...). Je pense que c’est une évidence quand on regarde ce qu’est la définition et ce que les gens vivent. (...) C’est simplement reconnaître un état de fait ».

Complexe

Mme Anglade présente comme une évidence ce qui n’en est pas une.

François Legault n’a pas proposé de définition. Il dit simplement qu’il y a du racisme au Québec, mais que nous ne sommes pas les États-Unis, d’où vient cette notion de racisme « systémique ».

Ensuite, s’il y a un domaine où il faut se méfier des « experts », c’est celui-là.

Qu’ils travaillent à l’université ou dans une commission dite des droits de la personne, qu’ils se drapent dans le langage de la science ou du droit, beaucoup de ces « experts » sont également des militants.

Quand on est payé pour trouver du racisme, on a aussi intérêt à en trouver le plus possible, donc à proposer les définitions les plus englobantes.

Qu’il y ait davantage de chômeurs ou de détenus issus de certaines minorités ne s’explique pas uniquement par le racisme, mais par de nombreuses variables comme l’aptitude linguistique, la concentration territoriale, l’éclatement de la famille, le bagage scolaire, le taux de criminalité, etc.

Clarifions un peu.

Le racisme, c’est la conviction, sans le moindre fondement scientifique, qu’il y a une hiérarchie des races.

Une méfiance, un inconfort devant une personne différente, c’est peut-être de la xénophobie, mais pas nécessairement du racisme.

Ce malaise ne signifie pas obligatoirement qu’on se croit supérieur.

Quand les politiques d’embauche nuisent particulièrement aux membres d’un groupe X, intentionnellement ou pas, le terme de discrimination systémique serait plus approprié.

Pragmatisme

Le racisme systémique, lui, concept malléable à volonté, renvoie à un ensemble de lois, de règlements et de directives, à l’échelle de toute la société, tellement imbriqués l’un dans l’autre qu’ils forment un véritable système fabriquant de l’injustice.

Il équivaut à ce que l’on nommait jadis ségrégation raciale, comme dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ou dans le sud des États-Unis.

Y a-t-il de cela au Québec ? Non.

Ceux qui tordent notre réalité pour la faire entrer de force dans ce schéma grossier cachent mal leur haine de toute notre société et ont souvent un agenda plus large.

Y a-t-il du racisme ici et là au Québec ? Oui.

Combattons-le avec des mesures concrètes et précises.

Nous baignons dans un climat où seul celui qui se dit victime de racisme semble avoir le droit moral de s’exprimer sans être critiqué.

Exigeons de Mme Anglade autre chose qu’une enfilade de clichés de relations publiques.