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Une aînée condamnée à la prison pour avoir fraudé une veuve

La criminelle a usurpé l’identité de sa victime pour vendre à son insu sa maison de 1,2 million $

Palais - Christiane Bédard
Photo Ben Pelosse Christiane Bédard était jeudi au palais de justice de Montréal, où elle a écopé de 15 mois de prison pour avoir fraudé une veuve de 75 ans.

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Une fraudeuse, qui a usurpé l’identité d’une veuve septuagénaire pour vendre à son insu sa maison d’Outremont valant 1,2 million $, a écopé jeudi de 15 mois de prison.

« Elle a joué un rôle pivot dans le stratagème, [mais] elle continue de nier l’évidence », a déploré la juge Joëlle Roy juste avant d’envoyer Christiane Bédard derrière les barreaux, jeudi au palais de justice de Montréal.

Bédard, une femme de 62 ans, avait des soucis financiers en 2017. Et pour se remplir les poches, elle s’est associée avec des complices qui s’apprêtaient à dépouiller une aînée.

Leur choix s’est arrêté sur une dame de 75 ans, nouvellement veuve, qui possédait une luxueuse maison dans l’arrondissement d’Outremont, à Montréal. 

Bédard devait se présenter chez le notaire en se faisant passer pour l’aînée, et transférer les titres de propriété.

Fausses pièces d’identité 

La résidente de Rigaud, en Montérégie, a adhéré au plan. Munie de fausses pièces d’identité au nom de la dame, mais avec sa propre photo, elle n’a eu aucun problème à vendre la maison de la septuagénaire sans que le notaire se doute de quoi que ce soit.

Mais quelques jours plus tard, quand Bédard s’est présentée à la banque pour retirer une partie du magot, le plan a été éventé.

La veuve, qui ignorait tout de la transaction, a finalement été mise au courant plusieurs semaines plus tard, par hasard. 

Et même si elle était la victime, la dame a dû débourser 40 000 $ en frais judiciaires afin de récupérer ses titres de propriété.

Le prêteur hypothécaire, qui s’est lui aussi fait flouer dans cette affaire, a perdu 250 000 $.

Pas de regrets

Accusée au criminel, Bédard a finalement plaidé coupable, évitant aux victimes de témoigner. Elle espérait ainsi ne pas aller en prison. Une peine à purger à domicile ainsi que des travaux communautaires auraient fait l’affaire, a-t-elle plaidé.

Sauf que pour cela, elle aurait dû exprimer au moins quelques regrets, ce qui n’a pas été le cas, bien au contraire, a noté la juge Roy.

« Elle se victimise en mettant la faute sur ses compères, elle se vautre dans la déresponsabilisation, a déploré la magistrate. Qu’elle affirme ne pas être au courant de l’illégalité [de son geste] dépasse l’entendement. »

Probation de deux ans

Ainsi, Bédard a écopé de 15 mois de détention fermes, comme le demandait la Couronne. 

Une fois à l’extérieur des murs, celle qui a travaillé 30 ans dans le graphisme devra se soumettre à une probation de deux ans, pendant laquelle il lui sera interdit de détenir des documents bancaires qui ne sont pas à son nom.

Impassible durant tout le prononcé de la sentence, Bédard a toutefois bougonné en se faisant passer les menottes, parce qu’un constable spécial a refusé qu’elle aille serrer dans ses bras une dernière fois un proche qui l’accompagnait.


Les complices de Christiane Bédard, Adel Haddad, Étienne Steven Brousseau et Sonia Boisvert, âgés de 48 à 60 ans, avaient déjà écopé de sentences de 18 mois, 12 mois, et 75 jours de prison respectivement.