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Comme si de rien n’était

SPAIN-HEALTH-VIRUS-TOURISM
Photo AFP J’avais l’impression d’être dans un monde pré-COVID.

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J’arrive d’un bref séjour en région et je ne passerai pas par quatre chemins : là-bas, j’avais l’impression que la COVID-19 n’était qu’un souvenir lointain. 

Vendredi dernier, j’ai embarqué tout mon monde dans ma voiture, direction une contrée que je préfère ne point nommer. Je ne la nomme pas, puisque plusieurs personnes m’ont confié que cette situation semble sévir dans la plupart des régions.

Vivre dans le déni

Je circulais sur l’autoroute 40, donc, quand l’idée d’avaler un cheese bacon m’a pognée. J’ai donc stationné mon véhicule dans une aire de restauration et, après avoir immergé les enfants dans le gel antibactérien, nous nous sommes risqués à l’intérieur.

J’ai tout d’abord été frappée par le fait que la sortie était aussi l’entrée. Tout le monde se croisait allègrement sans se préoccuper d’envoyer par inadvertance des postillons sur ses voisins. Je dis ça, parce que PERSONNE ne portait de masque, sauf les employés. Je souligne au passage qu’une personne sur trois (j’ai compté) se lavait les mains à l’aide de la solution désinfectante placée à l’entrée.

J’étais un peu sur le derrière. Ça fait des mois que la santé publique nous répète que le port du masque est important, que la distanciation est essentielle et que le lavage de mains est vital, mais on dirait qu’en dehors des grandes villes, la vigilance prend le bord.

Même scénario dans la région visitée. Pas d’entrée ni de sortie distincte dans les épiceries, SAQ et restaurants. Je suis bien consciente que l’espace dont disposent certains commerces est insuffisant pour mettre en place cette mesure, mais quand même.

J’aurais espéré que les clients fassent preuve de discipline et déploient un minimum d’efforts pour que ce ne soit pas le free-for-all

J’ai vu de tout : du monde qui se serre la main, des baigneurs cordés sur la plage, des serveuses avec le masque descendu sous le nez, des tables disposées à moins d’un mètre et des plexiglas approximatifs.

Partout, ma famille et moi avons porté le masque lorsqu’on se trouvait dans un endroit public intérieur. Nous étions les seuls. Logique, vous direz-vous, vous venez de Montréal. Certes.

Obligatoire à l’intérieur

Le gouvernement Legault vient (enfin) de rendre obligatoire le port du masque dans les transports en commun. Je suis d’avis qu’il devrait être obligatoire dans tous les endroits publics intérieurs de la province, sauf les restaurants.

Si vous vous dites que de la COVID, il n’y en a plus chez vous et que ce sont les Montréalais qui s’énervent le poil des jambes, détrompez-vous.

Un lecteur m’écrivait qu’à Kingston, Ontario, les gens se sont relâchés à cause de l’absence prolongée de cas et ont cessé de porter le masque. Deux semaines plus tard, il y avait 31 cas.

Je veux bien croire que c’est les vacances, mais la COVID-19 n’en prend pas, de vacances. Et elle ne s’arrête pas aux frontières de la 40.