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Au secours du Grand Marché

La Ville consent un prêt et se prive des revenus prévus en raison des difficultés financières de la coop

Au secours du Grand Marché
Photo Jean-François Desgagnés

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En difficultés financières, la coop qui gère le Grand Marché demande l’aide de la Ville de Québec qui octroie un prêt de 300 000 $, consent à se priver de revenus de 1,7 million $ et exige un plan de redressement, dès 2020.

L’information a été divulguée dans un sommaire décisionnel publié vendredi matin, à la suite d’une rencontre du comité exécutif de la Ville, la veille. Le maire, Régis Labeaume, l’a confirmée par la suite, en point de presse. 

La décision des élus répond à une demande de la Coopérative des horticulteurs de Québec (CHQ), qui se trouve en difficultés financières. La CHQ pointe du doigt la COVID-19 et les politiques sanitaires imposées, mais aussi le manque de temps pour la mise en œuvre du modèle d’affaires. « Cette situation a eu pour conséquence de retarder la mise en place de sa stratégie marketing, visant à générer des revenus de commandites essentiels à la rentabilité de ses opérations », révèle la décision. 

« Avec la COVID, ils ne l’ont pas eu facile », a expliqué M. Labeaume. Il a cependant convenu que le Marché a été ouvert pendant plusieurs mois avant l’arrivée de la pandémie. 

La décision de gérer son propre restaurant, Les Arrivages, et son propre magasin général, Panier et Pignons, « a fait mal », estime le maire. Il demande maintenant que la CHQ confie au privé la gestion du restaurant. « Il faut que ça fonctionne. S’il y a des profits, nous, on ramasse les profits. Un marché, il faut que ça marche. »

Perte de 1,7 million $

La Ville de Québec a donc accepté de consentir un prêt à terme de 300 000 $ pour pallier le « manque de liquidités financières ». 

De plus, la municipalité accepte de se priver de sommes qui totalisent 1,7 million $, soit 500 000 $ par an jusqu’en 2022 (185 000 $ pour 2019). Elle ne percevra pas de pourcentage sur les revenus ni sur les profits. 

On renonce aussi à la somme annuelle relative à l’entretien, à la réparation et au remplacement des composantes du Grand Marché. La CHQ consent cependant à assumer les autres frais et taxes.

Redresser la situation

La Ville exige en contrepartie que la CHQ s’adjoigne les services d’un expert indépendant pour redresser sa situation. Celui-ci doit « dresser un portrait de la situation financière, évaluer le potentiel de nouveaux revenus ainsi que l’optimisation des dépenses, recommander des actions concrètes visant à maximiser l’expérience client et qui auront un effet positif sur l’achalandage, et ce, durant toute l’année ».

Si l’organisme parvient à redresser sa situation, la Ville prévient qu’elle « se réserve le droit d’exiger unilatéralement » les sommes pour 2021 et 2022.

Daniel Tremblay, directeur général de la CHQ, affirme que des solutions sont envisagées comme l’aménagement d’une allée des artisans à la mi-juillet. « On avait fait des modèles théoriques sur papier. Après un an, on a les vrais coûts des différentes charges à assumer. »

La coop fera un appel à tous pour trouver un repreneur pour le restaurant, parce que l’organisation ne peut se permettre d’attendre une rentabilité à moyen terme.