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Le PDG et le CA du Cirque dans le viseur des créanciers

On reproche à Daniel Lamarre de favoriser outrageusement les actionnaires

ZARKANA
Photo d’archives, Agence QMI Le grand patron du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, ne fait pas l’unanimité parmi les nombreux créanciers de l’entreprise.

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Furieux d’avoir été laissés de côté dans un plan de relance du Cirque du Soleil, des créanciers de l’entreprise envisageraient de demander la tête de son grand patron Daniel Lamarre, selon un journal new-yorkais.

Le New York Post cite des sources dans un article publié tard mercredi soir selon lesquelles un plan aurait été mis en place pour écarter Daniel Lamarre de la haute direction du Cirque.

Daniel Lamarre est à la tête du Cirque du Soleil depuis 2004.

Des créanciers auraient prévu de réclamer le départ du patron du Cirque et de tous les membres du conseil d’administration dans le cas où un juge rejetterait leur requête d’annuler le plan de relance de l’entreprise, selon le Post.

Le plan en question, dévoilé cette semaine par le Cirque, prévoit un processus de mise à l’enchère de l’entreprise. La première offre acceptée dans le cadre de ce processus a été celle d’un groupe composé des actionnaires actuels du Cirque, du fonds américain TPG, du groupe chinois Fosun et de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Dans le cadre de cette offre, les créanciers du Cirque verraient la plus grande partie de leur dette convertie en actions (45 % du nouveau Cirque) pour une infime fraction de sa valeur actuelle.

Ces créanciers détiennent actuellement la majorité de la dette colossale du Cirque de 2 milliards $. 

Les actionnaires actuels du Cirque, dont les actions ne valent pas grand-chose aujourd’hui, obtiendraient au contraire une participation majoritaire de 55 % dans le nouveau Cirque.

Pas leur argent

TPG, Fosun et la Caisse n’obtiendraient pas cette participation en investissant surtout leur propre argent, mais bien en utilisant un prêt de 200 millions $ US du gouvernement du Québec. Le trio d’actionnaires n’injecterait lui-même que 100 millions $ US d’argent frais dans le Cirque.

Dans une requête de 11 pages déposée en Cour Supérieure le 30 juin, les créanciers du Cirque remettent en question la partialité de la direction du Cirque en faveur de ses actionnaires.

« La décision de l’entreprise de favoriser (encore) les intérêts de ses actionnaires au détriment de ses créanciers garantis soulève des préoccupations sérieuses concernant la gouvernance de l’entreprise », allèguent-ils. Ils disent avoir été avisés des démarches en Cour avec seulement 24 heures de préavis.

Selon une source proche des créanciers, une proposition faite par ces derniers n’aurait pas entraîné la mise à pied de 3500 personnes cette semaine.

Comité indépendant ?

Soulignons que c’est un mystérieux comité indépendant relié au conseil d’administration du Cirque du Soleil (présidé par Mitch Garber), qui pilote depuis des mois la délicate opération de restructuration de l’entreprise.

Le Cirque n’a jamais voulu dévoiler qui siégeait à ce comité, déplore une source.