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Le tramway piégé par les compromis

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En mettant une croix sur 15 kilomètres de voies dédiées, avec la disparition du trambus, le maire et son équipe sont tombés dans le piège des compromis de dernière minute.

Depuis la présentation du projet de réseau structurant de Québec, en 2018, le maire Labeaume a parlé du trambus comme d’une composante essentielle, et tout le monde a insisté sur l’importance d’offrir un projet attrayant, convivial et facile d’utilisation.

Peut-on encore penser que le projet répond à ces critères essentiels, ainsi amputé de ses 15 kilomètres de trambus, qui seront remplacés par des métrobus ?

Peut-on penser que le projet sera toujours « structurant » ? Au sens où l’entend l’organisme Vivre en ville, il faudrait alors qu’il « puisse offrir un niveau de service suffisant pour influencer l’organisation du territoire, en favorisant par exemple la densification de la ville », et qu’il puisse toujours « jouer un rôle déterminant dans l’organisation de l’ensemble des transports collectifs de la région ». 

En sacrifiant ainsi des voies dédiées pour les remplacer par des voies réservées, on rallonge le temps de déplacement. Autrement dit, on rend le système moins attrayant, moins efficace. Rien pour convaincre les indécis d’embarquer. Rien pour rallier plus de supporters à cette cause pourtant primordiale pour le développement de la région de Québec.

C’est d’autant plus dommage que les appuis envers le projet ont littéralement fondu, depuis deux ans, comme le révèlent les sondages effectués jusqu’à tout récemment.

Période creuse

Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que la Ville a choisi d’annoncer qu’elle larguait le trambus alors que plusieurs Québécois en sont à profiter de l’été et de leurs vacances. 

Certes, ces changements sont rendus nécessaires en raison de l’explosion des coûts du projet, à hauteur de 700 M$. Mais comment a-t-on pu se tromper à ce point dans l’évaluation de départ ? 

C’est bien là tout le problème avec la façon de faire de nos politiciens, qui consiste à se péter les bretelles en annonçant des projets assortis d’un coût bien que ledit projet n’en soit encore qu’à ses balbutiements. 

Il y a là un réel danger, une fois que les détails entourant le projet sont connus, et qu’on est vraiment en mesure d’évaluer les coûts, d’avoir oublié les objectifs de départ et la raison d’être du projet.