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L’économie de la Côte-Nord «prise en otage» par Air Canada

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SEPT-ÎLES | Des élus et des chambres de commerce de la Côte-Nord se mobilisent pour dénoncer la suspension de 30 liaisons aériennes d’Air Canada et la fermeture de huit escales. 

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«Pour moi, c’est une prise d’otage de notre économie», a lancé vendredi le préfet de la MRC de Minganie, Luc Noël.

Selon l’élu basé à Havre-Saint-Pierre, Air Canada utilise l’impact économique du retrait de son service aérien dans les régions pour obtenir des subventions gouvernementales. Se basant sur une étude publiée par l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), il pointe du doigt la déréglementation de l’industrie des transports menée par Ottawa, qui permettrait, selon lui, à des entreprises comme Air Canada de se retirer du marché lorsque la clientèle est jugée insuffisante.

«C’est sûr que ça affecte notre économie. Les gens d’affaires de chez nous, autant que les gens d’affaires de Sept-Îles, on sait qu’environ 70% des vols sont occupés par les gens d’affaires de la région. Donc ça a un impact économique important sur notre région», a ajouté Luc Noël.

Une interruption de service «catastrophique»

La PDG d’Int-elle corporation, Mirka Boudreau, considère comme «catastrophique» la suspension de la liaison Sept-Îles–Wabush pour son entreprise, qui cherche notamment à se développer dans le nord du Québec.

«C’est sûr que notre entreprise avait trois axes de développement majeur, le Nord, Montréal et les environs et l’Amérique latine. D’une part, l’élimination du vol Wabush–Sept-Îles est une catastrophe. Donc on devra passer par la route, aller vers Baie-Comeau et aller par la route [389], une route qui est sinueuse et dangereuse», a expliqué Mme Boudreau, qui craint qu’Air Canada ne décide d’éliminer aussi sa liaison Sept-Îles–Montréal.

Active depuis 2017, Int-elle corporation compte 67 employés permanents et temporaires. La compagnie offre des services d’ingénierie, de fabrication générale, de pièces d’usures et d’impartition de mains-d’œuvre à l’industrie minière.

«Couper les ailes» du développement économique

En fin d’après-midi jeudi, huit chambres de commerce de l’Est-du-Québec et de l’Abitibi-Témiscamingue ont publié un communiqué de presse dénonçant la décision d’Air Canada de suspendre indéfiniment 30 liaisons aériennes et de fermer huit escales.

Selon la présidente de la Chambre de commerce de Sept-Îles, Jessica Bélisle, cela pourrait nuire à la relance économique.

«On parle de relance économique, ces derniers temps, avec tout ce qui est arrivé avec la COVID-19, et là, on coupe les ailes du développement économique qu’on pourrait faire dans les régions. C’est vrai qu’il y a des gens de Sept-Îles qui partent à l’extérieur pour des rencontres, autant du milieu touristique que des affaires», a-t-elle mentionné.

Les chambres de commerce de la Côte-Nord «demandent aux gouvernements de s’impliquer rapidement dans le dossier et de piloter une restructuration du service aérien régional».

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