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Pas de saison 2020 à Québec

Le projet de tournoi à quatre équipes n’a pas reçu l’approbation de la santé publique

Déçu de la tournure des événements, le président des Capitales, Michel Laplante, estime néanmoins que les efforts n’ont pas été vains.
Photo Stevens Leblanc Déçu de la tournure des événements, le président des Capitales, Michel Laplante, estime néanmoins que les efforts n’ont pas été vains.

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La saison des Capitales de Québec et des Aigles de Trois-Rivières est à l’eau.

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Le président des Capitales, Michel Laplante, a confirmé vendredi que le projet d’un tournoi à quatre équipes se déroulant dans les deux villes n’allait finalement pas voir le jour.

Le projet qui prévoyait que les parties se déroulent dans des stades à 25 pour cent de leur capacité n’a pas reçu l’aval de la santé publique. La venue de joueurs canadiens provenant des organisations des ligues majeures a aussi posé un problème. Si certaines organisations y voyaient une belle occasion pour leurs espoirs de se développer au lieu de perdre une saison, d’autres n’affichaient pas le même enthousiasme. Dans ce contexte, le gérant Patrick Scalabrini s’est mis à la recherche d’Américains pour compléter les rangs des quatre formations. L’obligation pour les Américains de s’isoler pendant 14 jours à leur arrivée au Québec représentait un risque étant donné que le projet n’avait pas encore obtenu le feu vert de la santé publique.

Déçu de la tournure des événements, le président des Capitales, Michel Laplante, estime néanmoins que les efforts n’ont pas été vains.
Photo Stevens Leblanc

« Nous avons connu des hauts et des bas depuis nos débuts en raison des changements dans nos ligues et l’incertitude concernant le stade en 2017, mais nous étions loin de penser qu’on ne jouerait pas en 2020, a résumé Laplante. Avec la nouvelle ligue [Frontier], le terrain qui n’a jamais été aussi beau et le Complexe Victoria, il aurait été inacceptable de ne pas tenter de sauver la saison. Jusqu’à tard jeudi soir et tôt ce matin [vendredi], on croyait le projet encore possible. C’était difficile depuis le 15 mars parce qu’on ne voyait pas la petite lumière au bout du tunnel annonçant le début de la saison. Tout le personnel est embarqué même si on ne savait pas que le projet allait se réaliser. »

Situation complexe

Laplante croyait tellement au projet que des uniformes aux couleurs des Carnavals de Québec et du Royal de Trois-Rivières avaient été dessinés en plus de ceux des Capitales et des Aigles déjà existants.

Même s’il n’a pas voulu identifier les organisations fautives, Laplante estime que des équipes des ligues majeures auraient dû réagir plus rapidement. « Quelques organisations ont dormi au gaz, a-t-il illustré. C’est malheureux parce que des jeunes de 22-23 ans vont perdre une saison. Je comprends que la situation est complexe, mais des réponses lentes ont retardé beaucoup le processus. »

Déçu de la tournure des événements, le président des Capitales, Michel Laplante, estime néanmoins que les efforts n’ont pas été vains.
Photo Stevens Leblanc

Laplante lève son chapeau à la Ville de Québec. « Certains peuvent penser que la structure est lourde, mais le maire Labeaume a mis des fonctionnaires au service du projet, et ils ont fait un travail incroyable. Je recevais des appels tard le soir et tôt le matin. Ils nous ont aidés dans la préparation du plan que nous avons soumis à la santé publique. Le maire Labeaume voulait offrir un peu de bonheur aux gens. Il voulait que l’on conserve nos feux d’artifice du vendredi soir, et entendre le cri des gens. On voulait offrir un projet sécuritaire aux amateurs qui nous suivent depuis 20 ans. »

Dans la crainte de créer un précédent en dépassant le maximum de 250 personnes permis pour les rassemblements extérieurs, la santé publique a joué de prudence. « Notre idée va faire du chemin, a souligné Laplante. Ça va servir à d’autres. On respectait le deux mètres de distanciation avec nos cinq entrées et aucune attente dans les concessions. »

Laplante garde espoir en l’avenir des Capitales  

L’avenir des Capitales de Québec est-il en péril?

«Oui, il y a un danger parce que nos derniers revenus remontent au 26 août 2019 et les prochains sont attendus le 21 mai 2021, a expliqué le président Michel Laplante. C’est épeurant, mais je ne peux pas voir que les Capitales vont quitter Québec avec tous les appuis que nous avons reçus. L’organisation est bien en place et la ligue n’a jamais été aussi stable. Un total de 42 équipes vont disparaître dans le baseball affilié et on en retrouve entre 10 et 15 entre Québec et St. Louis. Ça s’annonce très, très bien. Les prochains mois ne seront pas faciles, mais je n’y crois pas que l’équipe soit en péril.»

Déçu de la tournure des événements, le président des Capitales, Michel Laplante, estime néanmoins que les efforts n’ont pas été vains.
Photo Stevens Leblanc

«Notre projet d’un tournoi à quatre équipes aurait été à perte, mais on s’en serait sorti correct si on avait pu disputer 45 parties à compter du 3 ou du 10 juillet, d’ajouter Laplante. On n’aurait pas passé l’hiver dans les Caraïbes parce nous aurions été millionnaires, mais cela aurait été correct.»

Les Capitales pourront se prévaloir des subventions salariales jusqu’au 31 août. Si la saison est à l’eau, le service à la clientèle sera occupé dans les prochaines semaines. À compter de la semaine prochaine, les détenteurs d'abonnements de saison pourront obtenir un crédit pour la prochaine saison ou un remboursement.

Patrick Scalabrini espère que les liens tissés avec les joueurs et les agents au cours des dernières semaines rapporteront aux Capitales dans le futur. «Les joueurs sont très déçus que le projet ne démarre pas, mais ils comprenaient le défi auquel on s’attaquait, a raconté le gérant de la formation québécoise, qui a contacté les 72 Canadiens évoluant dans le baseball affilié ou qui ont été repêchés en juin et les 16 autres qui ont été libérés cette année. J’espère que les liens développés seront payants dans le futur et ouvriront des portes. Nous étions engagés dans une course contre la montre et il se faisait tard. Comme jadis dans le calibre AA à Québec et à Trois-Rivières, les amateurs auraient pu voir à l’œuvre des joueurs qui auraient atteint les ligues majeures quelques années plus tard, notamment Tristan Pompey des Marlins et Otto Lopez des Blue Jays qui vit à Montréal.»

Déçu de la tournure des événements, le président des Capitales, Michel Laplante, estime néanmoins que les efforts n’ont pas été vains.
Photo Stevens Leblanc

«On ne pouvait demander à des Américains de s’isoler à Québec pendant 14 jours sans avoir l’assurance que le projet verrait le jour, de poursuivre Scalabrini. Les joueurs auraient dû s’isoler à nouveau à leur retour aux États-Unis. Le respect des joueurs était primordial. Et ils n’auraient pas été prêts à jouer le 15e jour après leur isolement.»

Des projets similaires de tournoi verront le jour à Joliette (Dakota du Nord), au Texas et possiblement dans l’Est des États-Unis.