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Peine réduite, car il a attrapé la COVID-19 en détention préventive

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Un Montréalais qui a attrapé la COVID-19 en détention préventive a obtenu une légère réduction de peine pour une série de vols de guichets dans des banques et des stations de métro.

« Le fait d’apprendre qu’on est infecté d’un virus qui sévit partout dans le monde et qui fait des milliers de morts, alors qu’on est incarcéré et qu’on a donc peu de contrôle sur sa propre autonomie physique, n’est pas banal », a commenté le juge Dennis Galiatsatos en condamnant Yvan Boucher, cette semaine, au palais de justice de Montréal.

Boucher, 49 ans, est un voleur qui cumule les sentences depuis 1992. Ses plus récents crimes remontent à 2018 et à 2019, alors qu’il avait dérobé des guichets automatiques. En tout, il a commis huit vols, qui lui ont rapporté un peu moins de 60 000 $.

Éclosion de coronavirus

Épinglé par la police, le voleur avait été placé en détention préventive à la prison de Bordeaux, à Montréal. Or, le centre de détention a connu une éclosion de la COVID-19. Et lors d’un test de dépistage préventif, Boucher a appris qu’il était infecté, alors qu’il était asymptomatique.

« Heureusement, M. Boucher n’a subi aucune conséquence significative de son infection au coronavirus, a expliqué le juge. Il n’a subi aucune séquelle permanente ou même passagère. »

Mais bien qu’il s’en soit bien sorti dans les circonstances, le juge a reconnu que Boucher avait eu raison d’être stressé par la situation.

« En soi, le stress qu’engendre ce genre de découverte, juxtaposé à l’état d’anxiété qui régnait au centre de détention, fait en sorte qu’une légère réduction de peine s’impose », a conclu le magistrat en soustrayant un mois à la sentence de quatre ans suggérée par les parties.

Il a d’ailleurs rappelé que la sentence était somme toute clémente, considérant les crimes de Boucher.

Pas moins

Mais si le juge a accepté de diminuer légèrement la peine de Boucher parce que ce dernier avait attrapé la COVID-19, il a refusé de la réduire encore plus en raison des conditions de détention difficiles anticipées pour le reste de la sentence.

« La situation à Montréal semble se stabiliser [...], la propagation du virus semble ralentir, bien que tous s’entendent qu’une vigilance accrue demeure nécessaire », a-t-il dit.

D’ailleurs, même si les mesures de confinement ont suscité la grogne chez des détenus, elles ont depuis été allégées.

« À ce stade, il serait inapproprié de présumer que les conditions continueront à être ardues ou même d’estimer pour quelle durée elles persisteront », a-t-il dit.

Compte tenu de la détention préventive, il reste à Boucher 21 mois à purger. Il y a quelques mois, le juge avait accepté de retarder la sentence, afin que le voleur cumule de la détention préventive et qu’il finisse de purger sa peine à Montréal, proche de sa famille.