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Bilan de saison à Ottawa

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Photo AFP Justin Trudeau ne m’a pas impressionné dans la dernière saison politique, mais il a marqué des points auprès des électeurs.

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Plongé dans une situation de crise, le gouvernement Trudeau nous a montré de nouvelles facettes. Des ministres comme François-Philippe Champagne et Jean-Yves Duclos se sont montrés capables de prendre des charges. Même chose pour la fonction publique fédérale qui a réalisé l’impossible en sortant des chèques pressants dans un délai de quelques jours.

Nous avons aussi revu les travers naturels du gouvernement Trudeau. Trop dépensier, il a implanté des programmes trop faciles, trop généreux et trop longs. La Prestation canadienne d’urgence (PCU) aura nui à la reprise en rendant le recrutement extrêmement pénible pour nombre d’employeurs. Au fil des annonces quotidiennes, nous avons aussi reconnu un gouvernement très enclin à emprunter et peu préoccupé par l’ampleur de l’endettement qui va s’ensuivre.

Le rendez-vous

Que dire des points de presse quotidiens de Justin Trudeau ? Seul sur son perron, déconnecté de sa propre équipe, on l’a entendu tous les jours répéter les mêmes lieux communs. Il travaille fort, il est en train d’être conscient des problèmes et son gouvernement va être là pour aider tous les Canadiens.

À maintes reprises, les explications sur les sujets importants demeuraient vagues. Heureusement, à midi tapant se tenait une autre conférence de presse du même gouvernement. Rapidement, les journalistes ont compris que c’est celle-là qui fournirait les véritables informations. Il fallait voir la quotidienne de Justin Trudeau comme un exercice de style.

Je dois confesser en toute honnêteté qu’à plusieurs reprises, j’ai trouvé très difficile de le prendre au sérieux, malgré le respect que j’ai pour sa fonction.

Cela dit, ce printemps a été très bon pour lui. L’impression laissée est que son gouvernement a répondu présent, avec le chéquier notamment. Il a éclipsé les partis d’opposition. Justin Trudeau finit le printemps en bien meilleure position pour espérer redevenir majoritaire d’ici deux ans.

Scheer, Mackay, O’toole

Saison difficile pour les conservateurs même si tout n’est pas sombre. Le chef sortant Andrew Scheer a agi comme chef de l’opposition en temps de crise. Un rôle déjà ingrat. Scheer n’a rien fait de ridicule, sauf que lorsqu’il apparaît à l’écran, notre seule réaction est « Ah ! Oui, il est encore là lui ». Ce qu’il dit ensuite passe pas mal dans le beurre.

La course à la direction n’avait pas de momentum. Imaginez avec un arrêt complet. Les débats de la mi-juin ont quand même montré que les deux meneurs, MacKay et O’Toole, ont quelque chose dans le ventre. À suivre.

Les conservateurs ont un autre problème appelé Donald Trump. Le pyromane américain monte la tête à une partie de l’électorat conservateur. S’ils embrassent cette dérive, c’est la fin des haricots.

Le Bloc québécois s’est comporté de manière honorable en temps de crise. Pas trop partisan, parfois mordant, il n’a pas marqué de points pour changer la donne, mais il n’a pas perdu de crédibilité.

Je parle de perte de crédibilité ? Jagmeet Singh qui encourage Justin Trudeau à dépenser encore davantage et qui insulte les députés du Bloc. Ouf.

Bon été !