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Les Don Quichotte de la révolution

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En observant le triste spectacle du vandalisme des statues et des monuments survenu dernièrement un peu partout en Occident, j’ai soudainement repensé à Don Quichotte et à ses moulins à vent qu’il prenait pour des géants.

Je ne suis pas sans saisir l’origine du sentiment qui anime ces « guerriers de la justice sociale », mais je demeure néanmoins perplexe devant ces Don Quichotte de la révolution. S’il est certes noble de vouloir libérer l’opprimé, pourfendre l’injustice et redresser les torts du passé ; si c’est bien le propre de la jeunesse que de consacrer l’énergie de ses révoltes à bâtir un monde meilleur que celui dans lequel elle est née, je trouve hautement contre-productif qu’elle se contente de s’en prendre aux monuments. Qu’elle préfère se complaire dans une lutte futile contre des moulins à vent, plutôt que de chercher à réellement comprendre l’histoire derrière ces statues et toute l’évolution du chemin sur lequel nous avançons et bataillons toujours. 

Ne jamais oublier

Raser l’histoire n’a jamais pansé les plaies ni réparé les fautes et les injustices. C’est un très vieux réflexe que d’attenter à la mémoire collective pour imposer une nouvelle volonté à la multitude et laisser faire, c’est préférer l’oubli à la connaissance des causes et conséquences de nos choix dans le temps. C’est nous condamner, comme l’histoire, à la répétition continuelle. 

Je comprends le désir de ne plus voir certaines de ses figures particulièrement controversées dans notre panorama quotidien, mais il faut comprendre qu’à ces statues sont également rattachées la vie et l’histoire de beaucoup de gens. C’est pourquoi même les plus affreux personnages ne doivent pas être oubliés, car oublier Macdonald, c’est nécessairement oublier Riel. Les monuments servent à nous raconter, certes, mais également à nous rappeler ce qui nous a un jour poussés à nous lever et par où nous ne voulons plus jamais aller.