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Pas le Klondike pour les restaurateurs

Terrasses rue du Parvis, Distanciation sociale, Quebec, 4 juillet 2020. Photo PASCAL HUOT / JOURNAL DE QUEBEC / AGENCE QMI
Photo Pascal Huot Habituellement bondées les journées de fins de semaine où il fait beau, les terrasses de la rue du Parvis, dans le quartier Saint-Roch, comptaient plusieurs tables vides, samedi après-midi.

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Le regain de vie tant espéré par les restaurateurs et tenanciers se fait timide depuis la réouverture de leurs commerces il y a près de trois semaines, eux qui doivent parfois faire face à une clientèle peu scrupuleuse quant aux règles d’hygiène à respecter.

Si la relance du milieu de la restauration laissait entrevoir un retour de plus en plus concret à la vie normale, les restaurateurs restent bien loin de cette normalité.

Le cocktail météorologique parfait d’hier en a servi un exemple flagrant : un soleil de plomb et une température confortable, conjugués à une journée de week-end. Et pourtant, les commerces et restaurants de plusieurs artères commerciales névralgiques de Québec étaient pratiquement au point mort au passage du Journal en début d’après-midi.

« Les gens font des marches, mais ça ne consomme pas. Pour les restaurateurs, ce n’est pas le Klondike », remarque le propriétaire du Bistro B et du ARVI, François Blais.

Yannick Parent, propriétaire de restaurants
Photo Stevens LeBlanc
Yannick Parent, propriétaire de restaurants

« C’est plus difficile que d’habitude, témoigne Yannick Parent, qui possède plusieurs établissements, dont le Bello et La Bûche. Ce n’est pas la folie normale. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on fait comme chiffre d’affaires habituellement pendant l’été. »

La clientèle québécoise a de grands souliers à chausser pour soutenir ses restaurants, les touristes étant majoritairement rayés du portrait pour la période estivale. 

Irrégulier

Cette diversité perdue de clientèle réserve des journées surprises aux restaurateurs et tenanciers, pour le meilleur et pour le pire. Par exemple, la soirée de vendredi s’est déroulée à un rythme effréné au Bello, au point où « il manquait de personnel et de bières », témoigne M. Parent. L’entrepreneur a renfloué rapidement ses stocks hier matin, en prévision d’une journée estivale prometteuse... mais rien.

« On a quand même du monde, mais ce n’est pas constant, observe Yanick Parent. Habituellement, le samedi, on roule toujours dans le fond, on n’a pas le temps de respirer. Là, on a le temps parce que ce sont des journées qui sont mortes. »

« Ça arrive des journées où il fait beau, où on est sur le bord de la piscine, où les enfants n’ont pas de camp... C’est la réalité du monde de Québec, mais habituellement le tourisme vient faire la différence », résume le restaurateur.

Au diable la pandémie

Si la variation d’affluence a de quoi faire gronder les commerçants lors de mauvaises journées, elles font aussi craindre pour les mesures de distanciation physique difficiles à respecter dans des endroits étroits ou à l’intérieur. 

Le Journal l’a constaté sur la Grande Allée et dans le quartier Saint-Roch, vendredi, alors qu’avec les terrasses bondées serrées, on avait peine à croire à l’existence d’une pandémie.

Un relâchement

Malgré les bonnes intentions dans chaque établissement, le président de la Nouvelle association des bars du Québec, Pierre Thibault, remarque un relâchement de leur vigilance — et du comportement des clients — passé une certaine heure.

Lui-même cofondateur d’une taverne montréalaise, il estime qu’il faut relancer le débat sur l’heure de la fermeture des bars. « Il suffirait d’un night-club de 400 personnes qui ne respectent pas assez les mesures pour redémarrer une pandémie », s’inquiète-t-il.

« On fait notre possible, mais un client après une bouteille de vin... tu lui demandes de porter un masque pour aller aux toilettes, ça se peut qu’il t’envoie promener », seconde Yannick Parent.

- Avec la collaboration d’Alex Proteau et de Jean-François Racine