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La clientèle de fin de soirée est moins responsable

Pub du Parvis
Photo Nicolas Saillant Au Pub du Parvis, à Québec, des plexiglas entourent le bar.

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Les propriétaires de restos-bars admettent que le respect de la distanciation physique est plus difficile dans cette industrie où le modèle d’affaires est basé sur les rapprochements sociaux, mais ils veulent tout faire pour éviter les abus qui mèneraient vers une nouvelle fermeture.

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«On essaie de faire respecter les trucs, mais c’est difficile. Les jeunes s’en foutent», avoue Pierre-Yves Lapointe, copropriétaire du Deux22 sur la rue Saint-Joseph.

Celui qui a recommencé à ouvrir son resto-bar jusqu’à 3 h du matin en fin de semaine estime que l’expérience a été positive, mais pas de tout repos. 

«Mon portier a eu de la misère. Plus l’heure avance, plus la clientèle rajeunit et plus c’est compliqué», explique M. Lapointe.

Il semble que plusieurs se montrent «outrés» lorsqu’ils sont refoulés. «C’est difficile, parce que notre modèle d’affaires est basé sur les rapprochements sociaux», illustre-t-il. 

Plus ou moins de clients ?

Au Griendel, sur la rue Saint-Vallier, on remarque aussi qu’il y a une tranche de la clientèle qui souhaite que les bars «transgressent» les règles afin d’accueillir plus de gens.

«Il y en a qui me trouvent naïf et me disent qu’il y a plein de bars qui le font», raconte Martin Parrot, PDG de la microbrasserie.

Ce dernier fait tout de même le calcul que la grande majorité de ses clients apprécie que les règles sanitaires soient mises en évidence.

De 120 places, le Griendel est passé à 45. «Je perdrais plus de clients si je ne respectais pas les normes», est convaincu M. Parrot. 

Au Pub du Parvis, les propriétaires n’ont pas lésiné sur les plexiglas, qui se retrouvent autour du bar et sur presque toutes les tables, et il semble qu’ils ont leurs effets.

«Les gens, ça les rassure, et peut-être que ça les rend plus responsables, parce qu’ici, on n’a vraiment pas de problèmes», juge la directrice, Marie-Chrystelle Cheïkha.

Peu de plaintes

Il semble qu’il y ait eu peu de débordements à Québec en fin de semaine contrairement à certains endroits, puisque la police de Québec ne compte que très peu de plaintes.

Seuls deux appels de dénonciation ont été faits, un le samedi, et un autre, dimanche.

Depuis la mi-juin, seulement cinq constats généraux d’infraction ont été émis par le SPVQ, indique la policière Sandra Dion.

Et à en croire les propriétaires de bars de Québec, il n’y aura pas de relâchement dans les prochaines semaines, car peu d’établissements ont les moyens de fermer à nouveau.

«Il ne faut pas qu’il y ait une deuxième vague, sinon ça va être le coup de grâce pour plusieurs», analyse Philippe Desrosiers du bar l’Inox, sur la Grande Allée.