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Le choix du tramway contesté au début des audiences du BAPE

Le contexte de la COVID-19 a été évoqué par un citoyen

BAPE tramway
Photo Simon Clark L’avocate, sociologue et spécialiste en environnement Corinne Gendron (au centre) préside la commission d’enquête du BAPE sur le tramway de Québec. Elle est épaulée par les commissaires Pierre Renaud (à droite) et Antoine Morissette.

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Le contexte actuel de pandémie, caractérisé par l’explosion du télétravail, rend le tramway carrément « inutile », a estimé le citoyen Luc Dallaire, lundi soir, au début des audiences du BAPE au Centre des congrès de Québec. 

Selon lui, la réalité du monde du travail est en train de changer de façon radicale. « Le télétravail est là pour rester, car ça fait l’affaire de tout le monde », a-t-il assuré. 

Dans ce contexte, M. Dallaire a appelé le bureau de projet à « une sobriété budgétaire » et l’a invité à actualiser toutes ses données d’achalandage avant de décider d’aller de l’avant avec le mégaprojet.

Appelé à réagir, Daniel Genest, directeur du bureau de projet, a insisté pour dire que la pandémie est « un élément ponctuel » et « qu’on ne construit pas pour aujourd’hui, mais sur un horizon de 50 ans ».

Ce dernier a promis qu’il y aura une présentation aujourd’hui sur l’enjeu spécifique du tramway et de la COVID-19.

Tout au long de la soirée, le choix d’un tramway, plutôt que d’un métro ou d’un monorail, a été contesté par les citoyens qui ont pris la parole.

« Technologie du siècle dernier » 

Plutôt favorable à un projet de transport structurant, Jacques Proulx s’est toutefois dit « surpris » qu’on ait opté pour « une technologie du siècle dernier qui m’apparaît inadaptée à l’ensemble des conditions de la Québec, entre autres de qualité de vie urbaine, de topographie et de climat ».

Cet urbaniste à la retraite a dit qu’il aurait été préférable de choisir le monorail suspendu.

S’exprimant à titre personnel, Émilie Coulombe, co-fondatrice du groupe « J’y vais en métro », a affirmé ne pas comprendre que la firme Systra, qui accompagne la municipalité dans la conception du tramway, ait comparé le tramway avec un métro long qui a une capacité de 900 personnes.

De son côté, Charles Fortin s’est dit inquiet de l’adaptation du futur tramway aux conditions hivernales de Québec. 

Daniel Genest a répondu lui-même à l’essentiel de ces remarques et de ces critiques en répétant des arguments régulièrement entendus ces derniers mois.

Il a d’abord expliqué que le monorail suspendu est « une technologie pas très éprouvée et pas très disponible sur le marché ».

Il a ensuite promis qu’une comparaison entre le tramway et un métro court sera rapidement fournie au BAPE.

Il a cependant prévenu que le métro – même dans sa version courte – serait « surcapacitaire » par rapport aux besoins de Québec et qu’il serait, de toute façon, quatre fois plus coûteux qu’un tramway. 

En hiver 

Sur l’enjeu de l’hiver, M. Genest a esquissé un mea culpa en promettant que les promoteurs du projet vont être « plus transparents » quant à l’insertion du tramway en hiver.

La présidente Corinne Gendron a par ailleurs demandé au bureau de projet de déposer « la cartographie des lots que la Ville pourrait acquérir en tout ou en partie ou sur lesquels elle compte obtenir une servitude en vue de la construction du tramway ».

Tard lundi soir, la Ville a affirmé qu’elle « demandera la confidentialité de la cartographie déposée au BAPE afin de ne pas fausser le processus de négociation lors des acquisitions à venir ».

Les prochaines étapes du BAPE sur le tramway

  • Semaine du 6 juillet : Première partie des audiences publiques pour au moins une semaine. 
  • Semaine du 3 août : Seconde partie des audiences avec la possibilité de déposer des mémoires.
  • Au plus tard le 5 novembre : Remise du rapport du BAPE au ministre de l’Environnement, Benoit Charette.
  • Le ministre aura 15 jours pour rendre le rapport public. La décision finale d’aller de l’avant ou non avec le projet sera prise en conseil des ministres.